Bible du Chemin Testament Kardecien ©

L’Évangile

 <<< 


Chapitre XXV


CHERCHEZ ET VOUS TROUVEREZ

Aide-toi, le ciel t’aidera. (1-5) — Considérez les oiseaux du ciel. (6-8) — Ne vous mettez point en peine d’avoir de l’or. (9-11)


Aide-toi, le ciel t’aidera.


1 Demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez à la porte et l’on vous ouvrira ; car quiconque demande reçoit, et qui cherche trouve, et l’on ouvrira à celui qui frappe à la porte.

Aussi qui est l’homme d’entre vous qui donne une pierre à son fils lorsqu’il lui demande du pain ? — ou s’il lui demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ? — Si donc, étant méchants comme vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il les vrais biens à ceux qui les lui demandent. (Saint Matthieu, ch. VIII, v. de 7 à 11.)


2 Au point de vue terrestre, la maxime : Cherchez et vous trouverez, est l’analogue de celle-ci : Aide-toi, le ciel t’aidera. 2 C’est le principe de la loi du travail, et par suite de la loi du progrès, car le progrès est fils du travail, parce que le travail met en action les forces de l’intelligence.

3 Dans l’enfance de l’humanité, l’homme n’applique son intelligence qu’à la recherche de sa nourriture, des moyens de se préserver des intempéries, et de se défendre contre ses ennemis ; mais Dieu lui a donné de plus qu’à l’animal le désir incessant du mieux ; c’est ce désir du mieux qui le pousse à la recherche des moyens d’améliorer sa position, qui le conduit aux découvertes, aux inventions, au perfectionnement de la science, car c’est la science qui lui procure ce qui lui manque. 4 Par ses recherches son intelligence grandit, son moral s’épure ; aux besoins du corps succèdent les besoins de l’esprit ; après la nourriture matérielle, il faut la nourriture spirituelle, c’est ainsi que l’homme passe de la sauvagerie à la civilisation.

5 Mais le progrès que chaque homme accomplit individuellement pendant la vie est bien peu de chose, imperceptible même chez un grand nombre ; comment alors l’humanité pourrait-elle progresser sans la préexistence et la réexistence de l’âme ? 6 Les âmes s’en allant chaque jour pour ne plus revenir, l’humanité se renouvellerait sans cesse avec les éléments primitifs, ayant tout à faire, tout à apprendre ; il n’y aurait donc pas de raison pour que l’homme fût plus avancé aujourd’hui qu’aux premiers âges du monde, puisqu’à chaque naissance tout le travail intellectuel serait à recommencer. 7 L’âme, au contraire, revenant avec son progrès accompli, et acquérant chaque fois quelque chose de plus, c’est ainsi qu’elle passe graduellement de la barbarie à la civilisation matérielle, et de celle-ci à la civilisation morale. (Voy. ch. IV, nº 17.)


3 Si Dieu eût affranchi l’homme du travail du corps, ses membres seraient atrophiés ; 2 s’il l’eût affranchi du travail de l’intelligence, son esprit serait resté dans l’enfance, à l’état d’instinct animal ; 3 c’est pourquoi il lui a fait une nécessité du travail ; il lui a dit : Cherche et tu trouveras ; travaille et tu produiras ;  4 de cette manière tu seras le fils de tes œuvres, tu en auras le mérite, et tu seras récompensé selon ce que tu auras fait.


4 C’est par application de ce principe que les Esprits ne viennent pas épargner à l’homme le travail des recherches, en lui apportant des découvertes et des inventions toutes faites et prêtes à produire, de manière à n’avoir qu’à prendre ce qu’on lui mettrait dans la main, sans avoir la peine de se baisser pour ramasser, ni même celle de penser. 2 S’il en était ainsi, le plus paresseux pourrait s’enrichir, et le plus ignorant devenir savant à bon marché, et l’un et l’autre se donner le mérite de ce qu’ils n’auraient point fait. 3 Non, les Esprits ne viennent point affranchir l’homme de la loi du travail, mais lui montrer le but qu’il doit atteindre et la route qui y conduit, en lui disant : Marche et tu arriveras. Tu trouveras des pierres sous tes pas ; regarde, et ôte-les toi-même ; nous te donnerons la force nécessaire si tu veux l’employer. (Livre des Médiums, ch. XXVI, n° 291 et suiv.)


5 Au point de vue moral, ces paroles de Jésus signifient : 2 Demandez la lumière qui doit éclairer votre route, et elle vous sera donnée ; 3 demandez la force de résister au mal, et vous l’aurez ; 4 demandez l’assistance des bons Esprits, et ils viendront vous accompagner, et comme l’ange de Tobie, ils vous serviront de guides ; 5 demandez de bons conseils, et ils ne vous seront jamais refusés ; 6 frappez à notre porte, et elle vous sera ouverte ; mais demandez sincèrement, avec foi, ferveur et confiance ; 7 présentez-vous avec humilité et non avec arrogance, sans cela vous serez abandonnés à vos propres forces, et les chutes mêmes que vous ferez seront la punition de votre orgueil. 8 Tel est le sens de ces paroles : Cherchez et vous trouverez, frappez et l’on vous ouvrira.


Considérez les oiseaux du ciel.


6 Ne vous faites point de trésors dans la terre, où la rouille et les vers les mangent, et où les voleurs les déterrent et les dérobent ; — mais faites-vous des trésors dans le ciel, où ni la rouille ni les vers ne les mangent point ; — car où est votre trésor, là aussi est votre cœur.

C’est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez point où vous trouverez de quoi manger pour le soutien de votre vie, ni d’où vous aurez des vêtements pour couvrir votre corps ; la vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?

Considérez les oiseaux du ciel : ils ne sèment point, ils ne moissonnent point, et ils n’amassent rien dans des greniers ; mais votre Père céleste les nourrit ; n’êtes-vous pas beaucoup plus qu’eux ? — Et qui est celui d’entre vous qui puisse, avec tous ses soins, ajouter à sa taille la hauteur d’une coudée ?

Pourquoi aussi vous inquiétez-vous pour le vêtement ? Considérez comme croissent les lis des champs ; ils ne travaillent point, ils ne filent point ; — et cependant je vous déclare que Salomon, même dans toute sa gloire, n’a jamais été vêtu comme l’un d’eux. — Si donc Dieu a soin de vêtir de cette sorte une herbe des champs, qui est aujourd’hui et qui demain sera jetée dans le four, combien aura-t-il plus de soin de vous vêtir, ô hommes de peu de foi !

Ne vous inquiétez donc point, on disant : Que mangerons-nous, ou que boirons-nous, ou de quoi nous vêtirons-nous ? — comme font les Païens qui recherchent toutes ces choses ; car votre Père sait que vous en avez besoin.

Cherchez donc premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît. — C’est pourquoi ne soyez point en inquiétude pour le lendemain, car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit son mal. (Saint Matthieu, ch. VI, v. de 19 à 21 et de 25 à 34.)


7 Ces paroles prises à la lettre seraient la négation de toute prévoyance, de tout travail, et par conséquent de tout progrès. 2 Avec un tel principe, l’homme se réduirait à une passivité expectante ; ses forces physiques et intellectuelles seraient sans activité ; 3 si telle eût été sa condition normale sur la terre, il ne serait jamais sorti de l’état primitif, et s’il en faisait sa loi actuelle, il n’aurait plus qu’à vivre sans rien faire. 4 Telle ne peut avoir été la pensée de Jésus, car elle serait en contradiction avec ce qu’il a dit ailleurs, avec les lois mêmes de la nature. Dieu a créé l’homme sans vêtements et sans abri, mais il lui a donné l’intelligence pour s’en fabriquer. (Ch. XIV, nº 6 ; ch. XXV, nº 2.)

5 Il ne faut donc voir dans ces paroles qu’une poétique allégorie de la Providence, qui n’abandonne jamais ceux qui mettent en elle sa confiance, mais elle veut qu’ils travaillent de leur côté. 6 Si elle ne vient pas toujours en aide par un secours matériel, elle inspire les idées avec lesquelles on trouve les moyens de se tirer soi-même d’embarras. (Ch. XXVII, nº 8.)

7 Dieu connaît nos besoins, et il y pourvoit selon ce qui est nécessaire ; 8 mais l’homme, insatiable dans ses désirs, ne sait pas toujours se contenter de ce qu’il a ; le nécessaire ne lui suffit pas, il lui faut le superflu ; c’est alors que la Providence le laisse à lui-même ; 9 souvent il est malheureux par sa faute et pour avoir méconnu la voix qui l’avertissait par sa conscience, et Dieu lui en laisse subir les conséquences, afin que cela lui serve de leçon à l’avenir. (Ch. V, nº 4.)


8 La terre produit assez pour nourrir tous ses habitants, quand les hommes sauront administrer les biens qu’elle donne, selon les lois de justice, de charité et d’amour du prochain ; 2 quand la fraternité régnera entre les divers peuples, comme entre les provinces d’un même empire, le superflu momentané de l’un suppléera à l’insuffisance momentanée de l’autre, et chacun aura le nécessaire. 3 Le riche alors se considérera comme un homme ayant une grande quantité de semences ; s’il les répand, elles produiront au centuple pour lui et pour les autres ; mais s’il mange ces semences à lui seul, et s’il gaspille et laisse perdre le surplus de ce qu’il mangera, elles ne produiront rien, et il n’y en aura pas pour tout le monde ; s’il les enferme dans son grenier, les vers les mangeront : 4 c’est pourquoi Jésus dit : Ne vous faites point de trésors dans la terre, qui sont périssables, mais faites-vous des trésors dans le ciel, parce qu’ils sont éternels. 5 En d’autres termes, n’attachez pas aux biens matériels plus d’importance qu’aux biens spirituels, et sachez sacrifier les premiers au profit des seconds. (Ch. XVI, nos 7 et suiv.)

6 Ce n’est pas avec des lois qu’on décrète la charité et la fraternité ; si elles ne sont pas dans le cœur, l’égoïsme les étouffera toujours ; les y faire pénétrer est l’œuvre du Spiritisme.


Ne vous mettez point en peine d’avoir de l’or.


9 Ne vous mettez point en peine d’avoir de l’or ou de l’argent, ou d’autre monnaie dans votre bourse. — Ne préparez ni un sac pour le chemin, ni deux habits, ni souliers, ni bâtons, car celui qui travaille mérite qu’on le nourrisse.


10 En quelque ville ou en quelque village que vous entriez, informez-vous qui est digne de vous loger, et demeurez chez lui jusqu’à ce que vous vous en alliez. — En entrant dans la maison, saluez-la en disant : Que la paix soit dans cette maison. — Si cette maison en est digne, votre paix viendra sur elle ; et si elle n’en est pas digne, votre paix reviendra à vous.

Lorsque quelqu’un ne voudra point vous recevoir, ni écouter vos paroles, secouez en sortant de cette maison ou de cette ville la poussière de vos pieds. — Je vous dis en vérité, au jour du jugement, Sodome et Gomorrhe seront traitées moins rigoureusement que cette ville. (Saint Matthieu, ch. X, v. de 9 à 15.)


11 Ces paroles, que Jésus adressait à ses apôtres, lorsqu’il les envoya pour la première fois annoncer la bonne nouvelle, n’avaient rien d’étrange à cette époque ; elles étaient selon les mœurs patriarcales de l’Orient, où le voyageur était toujours reçu sous la tente. 2 Mais alors les voyageurs étaient rares ; chez les peuples modernes l’accroissement de la circulation a dû créer de nouvelles mœurs ; on ne retrouve celles des temps antiques que dans les contrées retirées où le grand mouvement n’a pas encore pénétré ; et si Jésus revenait aujourd’hui, il ne pourrait plus dire à ses apôtres : Mettez-vous en route sans provisions.

3 A côté du sens propre, ces paroles ont un sens moral très profond. Jésus apprenait ainsi à ses disciples à se confier à la Providence ; 4 puis ceux-ci n’ayant rien, ils ne pouvaient tenter la cupidité de ceux qui les recevaient ; 5 c’était le moyen de distinguer les charitables des égoïstes ; c’est pourquoi il leur dit : « Informez-vous qui est digne de vous loger ; » 6 c’est-à-dire qui est assez humain pour héberger le voyageur qui n’a pas de quoi payer, car ceux-là sont dignes d’entendre vos paroles ; 7 c’est à leur charité que vous les reconnaîtrez.

8 Quant à ceux qui ne voudront ni les recevoir, ni les écouter, dit-il à ses apôtres de les maudire, de s’imposer à eux, d’user de violence et de contrainte pour les convertir ? Non ; mais de s’en aller purement et simplement ailleurs, et de chercher les gens de bonne volonté.

9 Ainsi dit aujourd’hui le Spiritisme à ses adeptes : 10 Ne violé aucune conscience ; 11 ne contraignez personne à quitter sa croyance pour adopter la vôtre ; 12 ne jetez point l’anathème sur ceux qui ne pensent pas comme vous ; 13 accueillez ceux qui viennent à vous et laissez en repos ceux qui vous repoussent. 14 Souvenez-vous des paroles du Christ ; jadis le ciel se prenait par la violence, aujourd’hui, c’est par la douceur. (Ch. IV, n° 10, 11.)



Il y a une image de ce chapitre dans le service Google - Recherche de livres (Quatrième édition - 1868).


.

Ouvrir