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Revue spirite — Année VI — Mars 1863.

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LES FAUX FRÈRES ET AMIS MALADROITS.

1. — Ainsi que nous l’avons démontré dans notre précédent article, rien ne saurait prévaloir contre la destinée providentielle du Spiritisme. De même que nul ne peut empêcher la chute de ce qui, dans les décrets divins : hommes, peuples ou choses, doit tomber, nul ne peut arrêter la marche de ce qui doit aller en avant. Cette vérité, par rapport au Spiritisme, ressort des faits accomplis, et bien plus encore d’un autre point capital. Si le Spiritisme était une simple théorie, un système, il pourrait être combattu par un autre système, mais il repose sur une loi de nature, tout aussi bien que le mouvement de la terre. L’existence des Esprits est inhérente à l’espèce humaine ; on ne peut donc faire qu’ils ne soient pas, et l’on ne peut pas plus leur interdire de se manifester qu’on ne peut empêcher l’homme de marcher. Ils n’ont besoin pour cela d’aucune permission, et se rient de toutes les défenses, car il ne faut pas perdre de vue qu’outre les manifestations médianimiques proprement dites, il y a les manifestations naturelles et spontanées, qui se sont produites dans tous les temps et se produisent tous les jours chez une foule de gens qui n’ont jamais entendu parler des Esprits. Qui pourrait donc s’opposer au développement d’une loi de nature ? Cette loi étant l’œuvre de Dieu, s’insurger contre elle, c’est se révolter contre Dieu. Ces considérations expliquent l’inutilité des attaques dirigées contre le Spiritisme. Ce que les Spirites ont à faire en présence de ces agressions, c’est de continuer paisiblement leurs travaux, sans forfanterie, avec le calme et la confiance que donne la certitude d’arriver au but.


2. — Toutefois, si rien ne peut arrêter la marche générale, il est des circonstances qui peuvent y apporter des entraves partielles, comme un petit barrage peut ralentir le cours d’un fleuve sans l’empêcher de couler. De ce nombre sont les démarches inconsidérées de certains adeptes plus zélés que prudents, qui ne calculent pas assez la portée de leurs actes ou de leurs paroles ; par là ils produisent sur les personnes non encore initiées à la doctrine une impression défavorable, bien plus propre à les éloigner que les diatribes des adversaires. Le Spiritisme est sans doute très répandu, mais il le serait encore plus si tous les adeptes avaient toujours écouté les conseils de la prudence, et su se tenir dans une sage réserve. Il faut sans doute leur tenir compte de l’intention, mais il est certain que plus d’un a justifié le proverbe : Mieux vaut un ennemi avoué qu’un ami maladroit. Le pire de cela, c’est de fournir des armes aux adversaires qui savent habilement exploiter une maladresse. Nous ne saurions donc trop recommander aux Spirites de réfléchir mûrement avant d’agir ; en pareil cas la prudence commande de ne pas s’en rapporter à son opinion personnelle. Aujourd’hui que de tous côtés se forment des groupes ou sociétés, rien n’est plus simple que de se concerter avant d’agir. Le vrai Spirite, n’ayant en vue que le bien de la chose, sait faire abnégation d’amour-propre ; croire à sa propre infaillibilité, refuser de se rendre à l’avis de la majorité, et persister dans une voie qu’on démontre mauvaise et compromettante, n’est pas le fait d’un vrai Spirite ; ce serait faire preuve d’orgueil si ce n’était le fait d’une obsession.

Parmi les maladresses, il faut placer en première ligne les publications intempestives ou excentriques, parce que ce sont les faits qui ont le plus de retentissement. Aucun Spirite n’ignore que les Esprits sont loin d’avoir la souveraine science ; beaucoup d’entre eux en savent moins que certains hommes, et, comme certains hommes aussi, n’en ont pas moins la prétention de tout savoir. Ils ont sur toutes choses leur opinion personnelle qui peut être juste ou fausse ; or, comme les hommes encore, ce sont généralement ceux qui ont les idées les plus fausses qui sont les plus entêtés. Ces faux savants parlent de tout, échafaudent des systèmes, créent des utopies, ou dictent les choses les plus excentriques, et sont heureux de trouver des interprètes complaisants et crédules qui acceptent leurs élucubrations les yeux fermés. Ces sortes de publications ont de très graves inconvénients, car le médium abusé lui-même, séduit le plus souvent par un nom apocryphe, les donne comme des choses sérieuses dont la critique s’empare avec empressement pour dénigrer le Spiritisme, tandis qu’avec moins de présomption, il lui eût suffi de prendre conseil de ses collègues pour être éclairé. Il est assez rare que, dans ce cas, le médium ne cède pas à l’injonction d’un Esprit qui veut, hélas ! encore comme certains hommes, à toute force être imprimé ; avec plus d’expérience, il saurait que les Esprits vraiment supérieurs conseillent, mais ne s’imposent ni ne flattent jamais, et que toute prescription impérieuse est un signe suspect.

Lorsque le Spiritisme sera complètement assis et connu, les publications de cette nature n’auront pas plus d’inconvénients que les mauvais traités de science n’en ont de nos jours ; mais au début, nous le répétons, elles ont un côté très fâcheux. On ne saurait donc, en fait de publicité, apporter trop de circonspection, ni calculer avec trop de soin l’effet qui peut être produit sur le lecteur. En résumé, c’est une grave erreur de se croire obligé de publier tout ce que dictent les Esprits, puisque, s’il y en a de bons et d’éclairés, il y en a de mauvais et d’ignorants ; il importe de faire un choix très rigoureux de leurs communications, et d’élaguer tout ce qui est inutile, insignifiant, faux ou de nature à produire une mauvaise impression. Il faut semer, sans doute, mais semer de la bonne graine et en temps opportun.


3. — Passons à un sujet plus grave encore, les faux frères. Les adversaires du Spiritisme, quelques-uns du moins, car il peut y en avoir de bonne foi, ne sont pas, comme on le sait, tous scrupuleux sur le choix des moyens ; tout est pour eux de bonne guerre, et quand on ne peut prendre une citadelle d’assaut, on la mine en dessous. A défaut de bonnes raisons, qui sont les armes loyales, on les voit tous les jours déverser sur le Spiritisme le mensonge et la calomnie. La calomnie est odieuse, ils le savent bien, et le mensonge peut être démenti, aussi cherchent-ils des faits pour se justifier ; mais comment trouver des faits compromettants chez des gens sérieux, si ce n’est en les produisant soi-même ou par des affiliés ? Le danger n’est pas dans les attaques à force ouverte ; il n’est ni dans les persécutions, ni même dans la calomnie, ainsi que nous l’avons vu ; mais il est dans les menées occultes employées pour discréditer et ruiner le Spiritisme par lui-même. Réussiront-ils ? C’est ce que nous examinerons tout à l’heure.

Nous avons déjà appelé l’attention sur cette manœuvre dans la relation de notre voyage en 1862 (page 45), parce que, sur notre route, nous avons reçu trois baisers de Judas dont nous n’avons pas été dupe, quoique nous n’en ayons rien manifesté ; du reste nous en avions été prévenu avant notre départ, ainsi que des pièges qui nous seraient tendus. Mais nous avons gardé l’œil sur eux, certain qu’un jour ils montreraient le bout de l’oreille, car il est aussi difficile à un faux Spirite de contrefaire toujours le vrai Spirite, qu’à un mauvais Esprit de simuler un Esprit supérieur ; ni l’un ni l’autre ne peuvent soutenir longtemps leur rôle.

De plusieurs localités on nous signale des individus, hommes ou femmes, aux antécédents et aux accointances suspectes, dont le zèle apparent pour le Spiritisme n’inspire qu’une très médiocre confiance, et nous ne sommes pas surpris d’y rencontrer les trois Judas dont nous avons parlé : il y en a dans le bas et dans le haut de l’échelle. De leur part c’est souvent plus que du zèle ; c’est de l’enthousiasme, une admiration fanatique. Selon eux leur dévouement va jusqu’au sacrifice de leurs intérêts, et malgré cela ils n’attirent aucune sympathie : un fluide malsain semble les entourer ; leur présence dans les réunions y jette un manteau de glace. Ajoutons qu’il en est dont les moyens d’existence deviennent un problème, en province surtout où tout le monde se connaît.

Ce qui caractérise principalement ces prétendus adeptes, c’est leur tendance à faire sortir le Spiritisme des voies de la prudence et de la modération par leur ardent désir du triomphe de la vérité ; à pousser aux publications excentriques, à s’extasier d’admiration devant les communications apocryphes les plus ridicules, et qu’ils ont soin de répandre ; à provoquer, dans les réunions, des sujets compromettants sur la politique et la religion, toujours pour le triomphe de la vérité qu’il ne faut pas tenir sous le boisseau ; leurs éloges sur les hommes et les choses sont des coups d’encensoir à casser cinquante visages : ce sont les Fiersà-bras du Spiritisme. D’autres sont plus doucereux et plus patelins ; sous leur regard oblique et avec des paroles mielleuses, ils soufflent la discorde tout en prêchant l’union ; ils jettent adroitement sur le tapis des questions irritantes ou blessantes, des sujets de nature à provoquer des dissidences ; ils excitent une jalousie de prépondérance entre les différents groupes, et seraient enchantés de les voir se jeter la pierre, et, à la faveur de quelques divergences d’opinion sur certaines questions de forme ou de fond, le plus souvent provoquées, élever drapeau contre drapeau.


4. — Quelques-uns font, à leur dire, une effrayante consommation de livres spirites, dont les libraires ne s’aperçoivent guère, et une propagande à outrance ; mais, par l’effet du hasard, le choix de leurs adeptes est malheureux ; une fatalité les porte à s’adresser de préférence à des gens exaltés, aux idées obtuses, ou qui ont déjà donné des signes d’aberration ; puis, un cas échéant qu’ils déplorent en le criant partout, on constate que ces gens s’occupaient de Spiritisme, dont la plupart du temps ils n’ont pas compris le premier mot. Aux livres spirites que ces apôtres zélés distribuent généreusement, ils ajoutent souvent, non des critiques, ce serait maladroit, mais des livres de magie et de sorcellerie, ou des écrits politiques peu orthodoxes, ou des diatribes ignobles contre la religion, afin que, toujours un cas quelconque échéant, fortuit ou non, on puisse, dans une vérification, confondre le tout ensemble.

Comme il est plus commode d’avoir les choses sous la main, pour avoir des compères dociles, ce qu’on ne trouve pas partout, il en est qui organisent ou font organiser des réunions où l’on s’occupe de préférence de ce dont précisément le Spiritisme recommande de ne pas s’occuper, et où l’on a soin d’attirer des étrangers qui ne sont pas toujours des amis ; là le sacré et le profane sont indignement confondus ; les noms les plus vénérés sont mêlés aux pratiques les plus ridicules de la magie noire, avec accompagnement de signes et mots cabalistiques,  †  talismans, trépieds sibyllins  †  et autres accessoires ; quelques-uns y ajoutent, comme complément, et parfois comme produit lucratif, la cartomancie,  †  la chiromancie,  †  le marc de café,  †  le somnambulisme  †  payé, etc. ; des Esprits complaisants, qui y trouvent des interprètes non moins complaisants, prédisent l’avenir, disent la bonne aventure, découvrent les trésors cachés et les oncles d’Amérique, indiquent au besoin le cours de la Bourse et les numéros gagnants de la loterie ; puis, un beau jour, la justice intervient, ou bien on lit dans un journal le compte rendu d’une séance de Spiritisme auquel l’auteur a assisté et raconte ce qu’il a vu, de ses propres yeux vu.

Essayerez-vous de ramener tous ces gens-là à des idées plus saines ?

Ce serait peine perdue, et l’on comprend pourquoi : la raison et le côté sérieux de la doctrine ne sont pas leur affaire ; c’est ce qui les chagrine le plus ; leur dire qu’ils nuisent à la cause, qu’ils donnent des armes à ses ennemis, c’est les flatter ; leur but étant de la discréditer en ayant l’air de la défendre. Instruments, ils ne craignent ni de compromettre les autres en les poussant sous le coup de la loi, ni de s’y placer eux-mêmes, parce qu’ils savent y trouver compensation.


5. — Leur rôle n’est pas toujours identique ; il varie selon leur position sociale, leurs aptitudes, la nature de leurs relations et l’élément qui les fait agir ; mais le but est toujours le même. Tous n’emploient pas des moyens aussi grossiers, mais qui n’en sont pas moins perfides. Lisez certaines publications soi-disant sympathiques à l’idée, même en apparence défensive de l’idée, pesez-en toutes les pensées, et voyez si parfois à côté d’une approbation placée en guise de couverture et d’étiquette, vous ne découvrez pas, jetée comme par hasard, une pensée insidieuse, une insinuation à double sens, un fait rapporté d’une manière ambiguë et pouvant s’interpréter dans un sens défavorable. Dans le nombre il en est de moins gazées, et qui, sous le manteau du Spiritisme, sont évidemment faites en vue de susciter des divisions parmi les adeptes.


6. — On nous demandera, sans doute, si toutes les turpitudes dont nous venons de parler sont invariablement le fait de manœuvres occultes, ou une comédie jouée dans un but intéressé, et si elles ne peuvent être aussi celui d’un mouvement spontané ; en un mot, si tous les Spirites sont des hommes de bon sens et incapables de se tromper ?

Prétendre que tous les Spirites sont infaillibles serait aussi absurde que la prétention de nos adversaires d’avoir seuls le privilège de la raison.

Mais s’il en est qui se trompent, c’est donc qu’ils se méprennent sur le sens et le but de la doctrine ; dans ce cas, leur opinion ne peut faire loi, et il est illogique ou déloyal, selon l’intention, de prendre l’idée individuelle pour l’idée générale, et d’exploiter une exception. Il en serait de même si l’on prenait les aberrations de quelques savants pour les règles de la science. A ceux-là nous dirons : Si vous voulez savoir de quel côté est la présomption de vérité, étudiez les principes admis par l’immense majorité, si ce n’est encore l’unanimité absolue des Spirites du monde entier.

Les croyants de bonne foi peuvent donc se tromper, et nous ne leur faisons pas un crime de ne pas penser comme nous ; si, parmi les turpitudes rapportées ci-dessus, il en était qui fussent le fait d’une opinion personnelle, on ne pourrait y voir que des écarts isolés, regrettables, dont il serait injuste de faire retomber la responsabilité sur la doctrine qui les répudie hautement ; mais si nous disons qu’elles peuvent être le résultat de manœuvres intéressées, c’est que notre tableau est pris sur modèles. Or, comme c’est la seule chose que le Spiritisme ait véritablement à craindre pour le moment, nous invitons tous les adeptes sincères à se tenir sur leurs gardes en évitant les pièges qu’on pourrait leur tendre. A cet effet, ils ne sauraient être trop circonspects sur les éléments à introduire dans leurs réunions, ni repousser avec trop de soin toutes les suggestions qui tendraient à en dénaturer le caractère essentiellement moral. En y maintenant l’ordre, la dignité et la gravité qui conviennent à des hommes sérieux s’occupant d’une chose sérieuse, ils en fermeront l’accès aux malintentionnés qui s’en retireront quand ils reconnaîtront n’y avoir rien à faire. Par les mêmes motifs, ils doivent décliner toute solidarité, avec les réunions formées en dehors des conditions prescrites par la saine raison et les vrais principes de la doctrine, s’ils ne peuvent les ramener dans la bonne voie.


7. — Comme on le voit, il y a certainement une grande différence entre les faux frères et les amis maladroits, mais, sans le vouloir, le résultat peut être le même : discréditer la doctrine. La nuance qui les sépare n’est souvent que dans l’intention, ce qui fait qu’on pourrait quelquefois les confondre, et, en les voyant servir les intérêts du parti adverse, supposer qu’ils ont été gagnés par lui. La circonspection est donc, en ce moment surtout, plus nécessaire que jamais, car il ne faut pas oublier que paroles actions ou écrits inconsidérés sont exploités, et que les adversaires sont enchantés de pouvoir dire que cela vient des Spirites.

Dans cet état de choses, on comprend quelles armes la spéculation, en raison des abus auxquels elle peut donner lieu, peut offrir aux détracteurs pour appuyer leur accusation de jonglerie. Ce peut donc, dans certains cas, être un piège tendu dont il faut se défier. Or, comme il n’y a pas de jonglerie philanthropique, l’abnégation et le désintéressement absolus des médiums enlèvent aux détracteurs un de leurs plus puissants moyens de dénigrement en coupant court à toute discussion sur ce sujet.


8. — Pousser la défiance à l’excès serait un tort grave, sans doute, mais dans un temps de lutte, et quand on connaît la tactique de l’ennemi, la prudence devient une nécessité qui n’exclut, du reste, ni la modération, ni l’observation des convenances dont on ne doit jamais se départir. On ne saurait d’ailleurs se méprendre sur le caractère du vrai Spirite ; il y a chez lui une franchise d’allures qui défie toute suspicion, quand surtout elle est corroborée par la pratique des principes de la doctrine.

Que l’on élève drapeau contre drapeau, comme cherchent à le faire nos antagonistes, l’avenir de chacun est subordonné à la somme de consolation et de satisfaction morale qu’ils apportent ; un système ne peut prévaloir sur un autre qu’à la condition d’être plus logique, ce dont l’opinion publique est le souverain juge ; dans tous les cas la violence, les injures et l’acrimonie sont de mauvais antécédents et une recommandation plus mauvaise encore.


9. — Reste à examiner les conséquences de cet état de choses. Ces menées peuvent sans contredit apporter momentanément quelques perturbations partielles, c’est pourquoi il faut les déjouer autant que possible mais elles ne sauraient préjudicier à l’avenir ; d’abord parce qu’elles n’auront qu’un temps, puisqu’elles sont une manœuvre d’opposition qui tombera par la force des choses ; en second lieu que, quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, on n’ôtera jamais à la doctrine son caractère distinctif, sa philosophie rationnelle ni sa morale consolante. On aura beau la torturer et la travestir, faire parler les Esprits à son gré, ou recueillir des communications apocryphes pour jeter des contradictions à la traverse, on ne fera pas prévaloir un enseignement isolé, fût-il vrai et non supposé, contre celui qui est donné de toutes parts. Le Spiritisme se distingue de toutes les autres philosophies en ce qu’il n’est pas le produit de la conception d’un seul homme, mais d’un enseignement que chacun peut recevoir sur tous les points du globe, et tel est la consécration qu’a reçue le Livre des Esprits. Ce livre, écrit sans équivoque possible et à la portée de toutes les intelligences, sera toujours l’expression claire et exacte de la doctrine, et la transmettra intacte à ceux qui viendront après nous. Les colères qu’il excite sont un indice du rôle qu’il est appelé à jouer, et de la difficulté de lui opposer quelque chose de plus sérieux. Ce qui a fait le rapide succès de la doctrine spirite, ce sont les consolations et les espérances qu’elle donne ; tout système qui, par la négation des principes fondamentaux, tendrait à détruire la source même de ces consolations, ne saurait être accueilli avec plus de faveur.

Il ne faut pas perdre de vue que nous sommes, comme nous l’avons dit, au moment de la transition, et que nulle transition ne s’opère sans conflit. Qu’on ne s’étonne donc pas de voir s’agiter les passions en jeu, les ambitions compromises, les prétentions déçues, et chacun essayer de ressaisir ce qu’il voit lui échapper en se cramponnant au passé ; mais peu à peu tout cela s’éteint, la fièvre se calme, les hommes passent, et les idées nouvelles restent. Spirites, élevez-vous par la pensée, portez vos regards à vingt ans en avant, et le présent ne vous inquiétera pas.



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