Bible du Chemin Testament Kardecien ©

Revue spirite — Année VI — Juillet 1863.

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DISSERTATIONS SPIRITES.


SUR LES COMMUNICATIONS DES ESPRITS.

(Groupe spirite de Sétif,  †  Algérie.)

Vous vous étonnez souvent de voir des facultés médianimiques, soit physiques soit morales, qui, selon vous, devraient être la preuve d’un mérite personnel, possédées par des gens que leur caractère moral place au-dessous d’une pareille faveur ; cela tient à la fausse idée que vous vous faites des lois qui régissent ces choses, et que vous voulez considérer comme invariables. Ce qui est invariable, c’est le but, mais les moyens varient à l’infini, pour que votre liberté soit respectée. Tel possède une faculté, et tel en possède une autre ; celui-ci est poussé par l’orgueil, celui-là par la cupidité, un troisième par la fraternité. Dieu emploie les facultés et les passions de chacun, et les utilise dans la sphère de chacun, et du mal même sait faire sortir le bien. Les actes de l’homme, qui vous semblent si importants, ne sont rien pour lui, c’est l’intention qui en fait à ses yeux le mérite ou le démérite. Heureux donc celui qui est guidé par l’amour fraternel. La Providence n’a pas créé le mal : tout a été fait en vue du bien. Le mal n’existe que par l’ignorance de l’homme et par le mauvais usage qu’il fait des passions, des tendances, des instincts qu’il a acquis par son contact avec la matière.

Grand Dieu ! quand tu lui auras inspiré la sagesse de savoir prendre en main la direction de ce puissant mobile : la passion, que de maux disparaîtront, que de bien résultera de cette force dont il ne connaît aujourd’hui que le mauvais côté qui est son ouvrage ! Oh ! continuez ardemment votre œuvre, mes amis ; que l’humanité entrevoie enfin la route dans laquelle elle doit mettre le pied pour atteindre au bonheur qu’il lui est donné d’acquérir sur ce globe !

Ne vous étonnez pas si les communications que vous donnent les Esprits élevés, tout en s’appuyant sur la morale du Sauveur, en vous la confirmant et la développant, vous offrent tant de points de contact et de similitude avec les mystères des Anciens ; c’est que les Anciens avaient l’intuition des choses du monde invisible et de ce qui devait arriver, et que plusieurs avaient pour mission de préparer les voies.

Observez et étudiez avec soin les communications que vous recevez ; acceptez ce que votre raison ne rejette pas ; repoussez ce qui la choque ; demandez des éclaircissements sur celles qui vous laissent dans le doute.

Vous avez là la marche à suivre pour transmettre aux générations futures, sans crainte de les voir dénaturées, les vérités que vous démêlerez sans peine de leur cortège inévitable d’erreurs.

Travaillez, rendez-vous utiles à vos frères et à vous-mêmes ; vous ne pouvez guère prévoir le bonheur que l’avenir vous réserve par la contemplation de votre œuvre.

Saint Augustin.


Remarque. – Cette communication a été obtenue par un jeune homme, médium somnambule illettré. Elle nous est envoyée par M. Dumas, négociant de Sétif, membre de la Société spirite de Paris, qui ajoute que le sujet ne connaissait pas le sens de la plupart des mots, et nous transmet le nom de dix personnes notables qui assistaient à la séance.

Les médiums illettrés qui ont des communications au-dessus de leur portée intellectuelle sont très nombreux. On vient de nous montrer une page vraiment remarquable, obtenue, à Lyon, par une femme qui ne sait ni lire ni écrire et ne sait pas un mot de ce qu’elle écrit ; son mari, qui n’est guère plus fort, le déchiffre par intuition séance tenante, mais le lendemain cela lui est impossible ; les autres personnes le lisent sans beaucoup de difficulté. N’est-ce pas là l’application de cette parole du Christ : « Vos femmes et vos filles prophétiseront, et feront des prodiges ? » N’est-ce pas un prodige que d’écrire, peindre, dessiner, faire de la musique et de la poésie quand on ne le sait pas ? Vous demandez des signes matériels ? en voilà. Les incrédules diront-ils que c’est un effet de l’imagination ? Si cela était, il faudrait convenir que ces personnes ont l’imagination dans la main et non dans le cerveau. Encore une fois, une théorie n’est bonne qu’à la condition de rendre raison de tous les faits ; si un seul fait vient la contredire, c’est qu’elle est fausse ou incomplète.


Allan Kardec.



Paris. — Typ. de Cosson et Ce rue du Four-St-Germain, 43.  † 


Il y a une image de ce article dans le service Google - Recherche de livres (Revue Spirite 1863).  (Remarque : Jusqu’à présent article, la numérisation est correcte. Le mois d’août de la Revue Spirite 1863 n’a pas été correctement numérisé.)


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