Bible du Chemin Testament Kardecien ©

Revue spirite — Année III — Février 1860.

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COMMUNICATIONS SPONTANÉES.


LES CLOCHES.

(Obtenue par M. Pécheur, 13 janvier 1860.)

Peux-tu me dire pourquoi j’ai toujours aimé à entendre le son des cloches ? c’est que l’âme de l’homme qui pense ou qui souffre cherche toujours à se dégager, lorsqu’elle éprouve ce bonheur muet qui réveille en nous des souvenirs vagues d’une vie passée ; c’est que ce son est une traduction de la parole du Christ qui vibre dans l’air depuis dix-huit siècles : c’est la voix de l’espérance. Que de cœurs elle a consolés ! que de force elle a donnée à l’humanité croyante ! Cette voix divine effraya les grands de l’époque : ils en eurent peur, car la vérité qu’ils avaient étouffée les fit trembler. Le Christ la montrait à tous : ils tuèrent le Christ, mais non l’idée ; sa parole sacrée avait été comprise ; elle était immortelle, et pourtant que de fois le doute s’est glissé dans vos cœurs ! Que de fois l’homme a-t-il accusé Dieu d’être injuste ! Il s’écriait : Mon Dieu, qu’ai-je donc fait ? Le malheur m’a-t-il marqué à mon berceau ? Suis-je donc destiné à suivre cette route qui me déchire le cœur ? Il semble qu’une fatalité s’attache à mes pas ; je sens mes forces qui m’abandonnent ; je vais briser cette vie.

 A ce moment, Dieu fait entrer dans votre cœur un rayon d’espérance ; une main amie vous ôte le bandeau du matérialisme qui couvre vos yeux ; une voix du ciel vous dit : Regarde à l’horizon ce foyer lumineux : c’est un feu sacré qui émane de Dieu ; ce flambeau doit éclairer le monde et le purifier ; il doit faire pénétrer sa lumière dans le cœur de l’homme et en chasser les ténèbres qui obscurcissent ses yeux. Des hommes ont prétendu vous donner la lumière, ils n’ont produit qu’un brouillard qui a fait perdre le droit chemin.

 Vous à qui Dieu montre la lumière, ne soyez pas aveugles ; c’est le Spiritisme qui vous permet de lever un coin du voile qui couvrait votre passé. Regardez maintenant ce que vous avez été, et jugez-vous. Courbez la tête devant la justice du Créateur ; remerciez-le de vous rendre le courage pour continuer l’épreuve que vous avez choisie. Le Christ a dit : Celui qui se servira de l’épée périra par l’épée : cette pensée, toute Spirite, renferme le mystère de vos souffrances. Que l’espérance en la bonté de Dieu vous donne le courage et la foi ; écoutez toujours cette voix qui vibre dans vos cœurs ; c’est à vous de comprendre, d’étudier avec sagesse, d’élever votre âme par des pensées toutes fraternelles ; que le riche tende la main à celui qui souffre, car la richesse ne lui a pas été donnée pour ses jouissances personnelles, mais pour qu’il en soit le dispensateur, et Dieu lui demandera compte de l’usage qu’il en aura fait. La seule richesse que Dieu reconnaisse, ce sont vos vertus ; c’est la seule que vous emporterez avec vous en quittant ce monde. Laissez dire ces prétendus sages qui vous traitent de fous ; demain peut-être ils vous demanderont de prier pour eux, car Dieu les jugera.


Ta fille qui t’aime et qui prie pour toi.


Allan Kardec.



Paris. — Typ. H. CARION, rue Bonaparte, 64.  † 


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