Bible du Chemin Testament Kardecien ©

Le Livre des Esprits — Livre II.

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Chapitre VI.


VIE SPIRITE.

1. Esprits errants. (223-233.) 2. Mondes transitoires. (234-236.) — 3. Perceptions, sensations et souffrances des Esprits. (237-256.) — 4. Essai théorique sur la sensation chez les Esprits. (257.) — 5. Choix des épreuves. (258-273.) — 6. Relations d’outre-tombe. (274-290.) — 7. Rapports sympathiques et antipathiques des Esprits. Moitiés éternelles. (291-303.) — 8. Souvenir de l’existence corporelle. (304-318.) — 9. Commémoration des morts. Funérailles. (320-329.)


Esprits errants.


223. L’âme se réincarne-t-elle immédiatement après sa séparation du corps ?

1 « Quelquefois immédiatement, mais le plus souvent après des intervalles plus ou moins longs. 2 Dans les mondes supérieurs la réincarnation est presque toujours immédiate ; 3 la matière corporelle étant moins grossière, l’Esprit incarné y jouit presque de toutes ses facultés d’Esprit ; son état normal est celui de vos somnambules lucides. »


224. Que devient l’âme dans l’intervalle des incarnations ?

« Esprit errant qui aspire après sa nouvelle destinée ; il attend. »


a — Quelle peut être la durée de ces intervalles ?

1 « De quelques heures à quelques milliers de siècles. 2 Au reste, il n’y a point, à proprement parler, de limite extrême assignée à l’état errant, qui peut se prolonger fort longtemps, mais qui cependant n’est jamais perpétuel ; l’Esprit trouve toujours tôt ou tard à recommencer une existence qui sert à la purification de ses existences précédentes. »


b — Cette durée est-elle subordonnée à la volonté de l’Esprit, ou peut-elle être imposée comme expiation ?

1 « C’est une conséquence du libre arbitre ; les Esprits savent parfaitement ce qu’ils font, 2 mais il y en a aussi pour qui c’est une punition infligée par Dieu ; 3 d’autres demandent à la prolonger pour suivre des études qui ne peuvent se faire avec fruit qu’à l’état d’Esprit. »


225. L’erraticité est-elle, par elle-même, un signe d’infériorité chez les Esprits ?

1 « Non, car il y a des Esprits errants de tous les degrés. 2 L’incarnation est un état transitoire, nous l’avons dit : dans son état normal, l’Esprit est dégagé de la matière. »


226. Peut-on dire que tous les Esprits qui ne sont pas incarnés sont errants ?

1 « Ceux qui doivent se réincarner, oui ; mais les purs Esprits qui sont arrivés à la perfection ne sont pas errants : leur état est définitif. »


2 Sous le rapport des qualités intimes, les Esprits sont de différents ordres ou degrés qu’ils parcourent successivement à mesure qu’ils s’épurent. 3 Comme état, ils peuvent être : incarnés, c’est-à-dire unis à un corps ; errants, c’est-à-dire dégagés du corps matériel et attendant une nouvelle incarnation pour s’améliorer ; purs Esprits, c’est-à-dire parfaits et n’ayant plus besoin d’incarnation.


227. De quelle manière les Esprits errants s’instruisent-ils ; ils ne le font sans doute pas de la même manière que nous ?

« Ils étudient leur passé et cherchent les moyens de s’élever. Ils voient, observent ce qui se passe dans les lieux qu’ils parcourent ; ils écoutent les discours des hommes éclairés et les avis des Esprits plus élevés qu’eux, et cela leur donne des idées qu’ils n’avaient pas. »


228. Les Esprits conservent-ils quelques-unes des passions humaines ?

« Les Esprits élevés, en perdant leur enveloppe, laissent les mauvaises passions et ne gardent que celle du bien ; mais les Esprits inférieurs les conservent ; autrement, ils seraient du premier ordre. »


229. Pourquoi les Esprits en quittant la terre n’y laissent-ils pas toutes leurs mauvaises passions, puisqu’ils en voient les inconvénients ?

1 « Tu as dans ce monde des gens qui sont excessivement jaloux ; crois-tu que dès qu’ils le quittent ils perdent ce défaut ? 2 Il reste après le départ d’ici, surtout à ceux qui ont eu des passions bien tranchées, une sorte d’atmosphère qui les enveloppe et leur laisse toutes ces mauvaises choses, car l’Esprit n’est pas dégagé entièrement ; 3 ce n’est que par moments qu’il entrevoit la vérité, comme pour lui montrer le bon chemin. »


230. L’Esprit progresse-t-il à l’état errant ?

« Il peut s’améliorer beaucoup, toujours selon sa volonté et son désir ; mais c’est dans l’existence corporelle qu’il met en pratique les nouvelles idées qu’il a acquises. »


231. Les Esprits errants sont-ils heureux ou malheureux ?

1 « Plus ou moins selon leur mérite. Ils souffrent des passions dont ils ont conservé le principe, ou bien ils sont heureux selon qu’ils sont plus ou moins dématérialisés. 2 Dans l’état errant, l’Esprit entrevoit ce qui lui manque pour être plus heureux ; c’est alors qu’il cherche les moyens d’y atteindre ; 3 mais il ne lui est pas toujours permis de se réincarner à son gré, et c’est alors une punition. »


232. A l’état errant, les Esprits peuvent-ils aller dans tous les mondes ?

1 « C’est selon ; lorsque l’Esprit a quitté le corps, il n’est pas, pour cela, complètement dégagé de la matière, et il appartient encore au monde où il a vécu, ou à un monde du même degré, à moins que, pendant sa vie, il ne se soit élevé, et c’est là le but auquel il doit tendre, sans cela il ne se perfectionnerait jamais. 2 Il peut cependant aller dans certains mondes supérieurs, mais alors il y est comme étranger ; il ne fait pour ainsi dire que les entrevoir, et c’est ce qui lui donne le désir de s’améliorer pour être digne de la félicité dont on y jouit, et pouvoir les habiter plus tard. »


233. Les Esprits déjà épurés viennent-ils dans les mondes inférieurs ?

« Ils y viennent souvent afin de les aider à progresser ; sans cela ces mondes seraient livrés à eux-mêmes sans guides pour les diriger. »


Mondes transitoires.


234. Existe-t-il, comme cela a été dit, des mondes qui servent aux Esprits errants de stations et de points de repos ?

1 « Oui, il y a des mondes particulièrement affectés aux êtres errants, mondes dans lesquels ils peuvent habiter temporairement ; sortes de bivouacs, de camps pour se reposer d’une trop longue erraticité, état toujours un peu pénible. 2 Ce sont des positions intermédiaires parmi les autres mondes, graduées suivant la nature des Esprits qui peuvent s’y rendre, et ceux-ci jouissent d’un bien-être plus ou moins grand. »


a — Les Esprits qui habitent ces mondes peuvent-ils les quitter à volonté ?

« Oui, les Esprits qui se trouvent dans ces mondes peuvent s’en détacher pour aller où ils doivent se rendre. Figurez-vous des oiseaux de passage s’abattant sur une île, en attendant d’avoir repris des forces pour se rendre à leur destination. »


235. Les Esprits progressent-ils pendant leurs stations dans les mondes transitoires ?

« Certainement ; ceux qui se réunissent ainsi, c’est dans le but de s’instruire et de pouvoir plus facilement obtenir la permission de se rendre dans des lieux meilleurs, et parvenir à la position qu’obtiennent les élus. »


236. Les mondes transitoires sont-ils perpétuellement, et par leur nature spéciale, affectés aux Esprits errants ?

« Non, leur position n’est que temporaire. »


a — Sont-ils en même temps habités par des êtres corporels ?

« Non, la surface est stérile. Ceux qui les habitent n’ont besoin de rien. »


b — Cette stérilité est-elle permanente et tient-elle à leur nature spéciale ?

« Non, ils sont stériles par transition. »


c — Ces mondes doivent alors être dépourvus de beautés naturelles ?

« La nature se traduit par les beautés de l’immensité qui ne sont pas moins admirables que ce que vous appelez les beautés naturelles. »


d — Puisque l’état de ces mondes est transitoire, notre terre sera-t-elle un jour de ce nombre ?

« Elle l’a été. »


e —  A quelle époque ?

1 « Pendant sa formation. »


2 Rien n’est inutile dans la nature ; chaque chose a son but, sa destination ; rien n’est vide, tout est habité, la vie est partout. 3 Ainsi pendant la longue série des siècles qui se sont écoulés avant l’apparition de l’homme sur la terre, durant ces lentes périodes de transition attestées par les couches géologiques, avant même la formation des premiers êtres organiques, sur cette masse informe, dans cet aride chaos où les éléments étaient confondus, il n’y avait pas absence de vie ; des êtres qui n’avaient ni nos besoins, ni nos sensations physiques y trouvaient un refuge. Dieu a voulu que, même dans cet état imparfait, elle servit à quelque chose. 4 Qui donc oserait dire que, parmi ces milliards de mondes qui circulent dans l’immensité, un seul, un des plus petits, perdu dans la foule, eût le privilège exclusif d’être peuplé ? Quelle serait donc l’utilité des autres ? Dieu ne les aurait-il fait qu’en vue de récréer nos yeux ? Supposition absurde, incompatible avec la sagesse qui éclate dans toutes ses œuvres, et inadmissible quand on songe à tous ceux que nous ne pouvons apercevoir. 5 Personne ne contestera qu’il y a dans cette idée des mondes encore impropres à la vie matérielle, et pourtant peuplés d’êtres vivants appropriés à ce milieu, quelque chose de grand et de sublime, où se trouve peut-être la solution de plus d’un problème.


Perceptions, sensations et souffrances des Esprits.


237. L’âme, une fois dans le monde des Esprits, a-t-elle encore les perceptions qu’elle avait de son vivant ?

1 « Oui, et d’autres qu’elle ne possédait pas, parce que son corps était comme un voile qui les obscurcissait. 2 L’intelligence est un attribut de l’Esprit, mais qui se manifeste plus librement quand il n’a pas d’entraves. »


238. Les perceptions et les connaissances des Esprits sont-elles indéfinies ; en un mot, savent-ils toutes choses ?

1 « Plus ils approchent de la perfection, plus ils savent ; 2 s’ils sont supérieurs, ils savent beaucoup ; 3 les Esprits inférieurs sont plus ou moins ignorants sur toutes choses. »


239. Les Esprits connaissent-ils le principe des choses ?

1 « C’est selon leur élévation et leur pureté ; 2 les Esprits inférieurs n’en savent pas plus que les hommes. »


240. Les Esprits comprennent-ils la durée comme nous ?

1 « Non, et c’est ce qui fait que vous ne nous comprenez pas toujours quand il s’agit de fixer des dates ou des époques. »


2 Les Esprits vivent en dehors du temps tel que nous le comprenons ; la durée, pour eux, s’annule pour ainsi dire, et les siècles, si longs pour nous, ne sont à leurs yeux que des instants qui s’effacent dans l’éternité, de même que les inégalités du sol s’effacent et disparaissent pour celui qui s’élève dans l’espace.


241. Les Esprits ont-ils du présent une idée plus précise et plus juste que nous ?

1 « A peu près comme celui qui voit clair a une idée plus juste des choses que l’aveugle. 2 Les Esprits voient ce que vous ne voyez pas ; ils jugent donc autrement que vous ; mais encore une fois cela dépend de leur élévation. »


242. Comment les Esprits ont-ils la connaissance du passé, et cette connaissance est-elle sans limite pour eux ?

1 « Le passé, quand nous nous en occupons, est un présent, 2 absolument comme toi tu te rappelles une chose qui t’a frappé dans le cours de ton exil. Seulement, comme nous n’avons plus le voile matériel qui obscurcit ton intelligence, nous nous rappelons des choses qui sont effacées pour toi, 3 mais tout n’est pas connu des Esprits : leur création d’abord. »


243. Les Esprits connaissent-ils l’avenir ?

1 « Cela dépend encore de la perfection ; souvent ils ne font que l’entrevoir, mais il ne leur est pas toujours permis de le révéler ; 2 quand ils le voient, il leur semble présent. 3 L’Esprit voit l’avenir plus clairement à mesure qu’il se rapproche de Dieu. 4 Après la mort, l’âme voit et embrasse d’un coup d’œil ses émigrations passées, mais elle ne peut voir ce que Dieu lui prépare ; il faut pour cela qu’elle soit tout entière en lui après bien des existences. »


a — Les Esprits arrivés à la perfection absolue ont-ils une connaissance complète de l’avenir ?

« Complète n’est pas le mot, car Dieu seul est le souverain maître, et nul ne peut l’égaler. »


244. Les Esprits voient-ils Dieu ?

« Les Esprits supérieurs seuls le voient et le comprennent ; les Esprits inférieurs le sentent et le devinent. »


a — Quand un Esprit inférieur dit que Dieu lui défend ou lui permet une chose, comment sait-il que cela vient de lui ?

« Il ne voit pas Dieu, mais il sent sa souveraineté et, lorsqu’une chose ne doit pas être faite ou une parole dite, il ressent comme une intuition, un avertissement invisible qui lui défend de le faire. Vous-mêmes n’avez-vous pas des pressentiments qui sont pour vous comme des avertissements secrets de faire ou de ne pas faire telle ou telle chose ? Il en est de même pour nous, seulement à un degré supérieur, car tu comprends que l’essence des Esprits étant plus subtile que la vôtre, ils peuvent mieux recevoir les avertissements divins. »


b — L’ordre lui est-il transmis directement par Dieu, ou par l’intermédiaire d’autres Esprits ?

1 « Il ne lui vient pas directement de Dieu ; 2 pour communiquer avec lui, il faut en être digne. 3 Dieu lui transmet ses ordres par des Esprits qui se trouvent plus élevés en perfection et en instruction. »


245. La vue, chez les Esprits, est-elle circonscrite, comme dans les êtres corporels ?

« Non, elle réside en eux. »


246. Les Esprits ont-ils besoin de la lumière pour voir ?

1 « Ils voient par eux-mêmes et n’ont pas besoin de la lumière extérieure ; 2 pour eux, point de ténèbres, hormis celles dans lesquelles ils peuvent se trouver par expiation. »


247. Les Esprits ont-ils besoin de se transporter pour voir sur deux points différents ? Peuvent-ils, par exemple, voir simultanément sur deux hémisphères du globe ?

1 « Comme l’Esprit se transporte avec la rapidité de la pensée, on peut dire qu’il voit partout à la fois ; 2 sa pensée peut rayonner et se porter en même temps sur plusieurs points différents, mais cette faculté dépend de sa pureté : 3 moins il est épuré, plus sa vue est bornée ; 4 les Esprits supérieurs seuls peuvent embrasser un ensemble. »


5 La faculté de voir, chez les Esprits, est une propriété inhérente à leur nature, et qui réside dans tout leur être, comme la lumière réside dans toutes les parties d’un corps lumineux ; 6 c’est une sorte de lucidité universelle qui s’étend à tout, embrasse à la fois l’espace, les temps et les choses, et pour laquelle il n’y a ni ténèbres, ni obstacles matériels. On comprend qu’il doit en être ainsi ; 7 chez l’homme, la vue s’opérant par le jeu d’un organe frappé par la lumière, sans lumière il est dans l’obscurité ; chez l’Esprit, la faculté de voir étant un attribut de lui-même, abstraction faite de tout agent extérieur, la vue est indépendante de la lumière. (Voy. Ubiquité, n° 92.)


248. L’Esprit voit-il les choses aussi distinctement que nous ?

« Plus distinctement, car sa vue pénètre ce que vous ne pouvez pénétrer ; rien ne l’obscurcit. »


249. L’Esprit perçoit-il les sons ?

« Oui, et il en perçoit que vos sens obtus ne peuvent percevoir. »


a — La faculté d’entendre est-elle dans tout son être, comme celle de voir ?

1 « Toutes les perceptions sont des attributs de l’Esprit et font partie de son être ; 2 lorsqu’il est revêtu d’un corps matériel, elles ne lui arrivent que par le canal des organes ; mais à l’état de liberté elles ne sont plus localisées. »


250. Les perceptions étant des attributs de l’Esprit lui-même, lui est-il possible de s’y soustraire ?

1 « L’Esprit ne voit et n’entend que ce qu’il veut. Ceci est dit en général, et surtout pour les Esprits élevés, 2 car pour ceux qui sont imparfaits, ils entendent et voient souvent malgré eux ce qui peut être utile pour leur amélioration. »


251. Les Esprits sont-ils sensibles à la musique ?

1 « Veux-tu parler de votre musique ? Qu’est-elle auprès de la musique céleste ? de cette harmonie dont rien sur la terre ne peut vous donner une idée ? L’une est à l’autre ce qu’est le chant du sauvage à la suave mélodie. Cependant, des Esprits vulgaires peuvent éprouver un certain plaisir à entendre votre musique, parce qu’il ne leur est pas encore donné d’en comprendre une plus sublime. 2 La musique a pour les Esprits des charmes infinis, en raison de leurs qualités sensitives très développées ; j’entends la musique céleste, qui est tout ce que l’imagination spirituelle peut concevoir de plus beau et de plus suave. »


252. Les Esprits sont-ils sensibles aux beautés de la nature ?

« Les beautés de la nature des globes sont si différentes, qu’on est loin de les connaître. Oui, ils y sont sensibles selon leur aptitude à les apprécier et à les comprendre ; pour les Esprits élevés il y a des beautés d’ensemble devant lesquelles s’effacent, pour ainsi dire, les beautés de détail. »


253. Les Esprits éprouvent-ils nos besoins et nos souffrances physiques ?

« Ils les connaissent, parce qu’ils les ont subis, mais ils ne les éprouvent pas comme vous matériellement : ils sont Esprits. »


254. Les Esprits éprouvent-ils la fatigue et le besoin du repos ?

1 « Ils ne peuvent ressentir la fatigue telle que vous l’entendez, et par conséquent ils n’ont pas besoin de votre repos corporel, puisqu’ils n’ont pas des organes dont les forces doivent être réparées ; 2 mais l’Esprit se repose en ce sens qu’il n’est pas dans une activité constante ; 3 il n’agit pas d’une manière matérielle ; son action est tout intellectuelle et son repos tout moral ; 4 c’est-à-dire qu’il y a des moments où sa pensée cesse d’être aussi active et ne se porte pas sur un objet déterminé ; c’est un véritable repos, mais qui n’est pas comparable à celui du corps. 5 L’espèce de fatigue que peuvent éprouver les Esprits est en raison de leur infériorité ; car plus ils sont élevés, moins le repos leur est nécessaire. »


255. Lorsqu’un Esprit dit qu’il souffre, quelle nature de souffrance éprouve-t-il ?

« Angoisses morales qui le torturent plus douloureusement que les souffrances physiques. »


256. D’où vient alors que des Esprits se sont plaints de souffrir du froid ou de la chaleur ?

1 « Souvenir de ce qu’ils avaient enduré pendant la vie, aussi pénible quelquefois que la réalité ; 2 c’est souvent une comparaison par laquelle, faute de mieux, ils expriment leur situation. 3 Lorsqu’ils se souviennent de leur corps, ils éprouvent une sorte d’impression, comme lorsqu’on quitte un manteau, et qu’on croit encore le porter quelque temps après. »


Essai théorique sur la sensation chez les Esprits.


257. Le corps est l’instrument de la douleur ; c’est sinon la cause première, au moins la cause immédiate. L’âme a la perception de cette douleur : cette perception est l’effet. 2 Le souvenir qu’elle en conserve peut être très pénible, mais ne peut avoir d’action physique. En effet, le froid ni la chaleur ne peuvent désorganiser les tissus de l’âme ; l’âme ne peut ni se geler, ni brûler. 3 Ne voyons-nous pas tous les jours le souvenir ou l’appréhension d’un mal physique produire l’effet de la réalité ? Occasionner même la mort ? Tout le monde sait que les personnes amputées ressentent de la douleur dans le membre qui n’existe plus. Assurément ce n’est point ce membre qui est le siège, ni même le point de départ de la douleur ; le cerveau en a conservé l’impression, voilà tout. On peut donc croire qu’il y a quelque chose d’analogue dans les souffrances de l’Esprit après la mort. 4 Une étude plus approfondie du périsprit, qui joue un rôle si important dans tous les phénomènes spirites, les apparitions vaporeuses ou tangibles, l’état de l’Esprit au moment de la mort, l’idée si fréquente chez lui qu’il est encore vivant, le tableau si saisissant des suicidés, des suppliciés, des gens qui se sont absorbés dans les jouissances matérielles, et tant d’autres faits sont venus jeter la lumière sur cette question, et ont donné lieu à des explications dont nous donnons ici le résumé.


5 Le périsprit est le lien qui unit l’Esprit à la matière du corps ; il est puisé dans le milieu ambiant, dans le fluide universel ; il tient à la fois de l’électricité, du fluide magnétique et, jusqu’à un certain point, de la matière inerte. On pourrait dire que c’est la quintessence de la matière ; 6 c’est le principe de la vie organique, mais ce n’est pas celui de la vie intellectuelle : la vie intellectuelle est dans l’Esprit. 7 C’est, en outre, l’agent des sensations extérieures. Dans le corps, ces sensations sont localisées par les organes qui leur servent de canaux. Le corps détruit, les sensations sont générales. Voilà pourquoi l’Esprit ne dit pas qu’il souffre plutôt de la tête que des pieds. 8 Il faut, du reste, se garder de confondre les sensations du périsprit, rendu indépendant, avec celles du corps : nous ne pouvons prendre ces dernières que comme terme de comparaison et non comme analogie. Dégagé du corps, l’Esprit peut souffrir, mais cette souffrance n’est pas celle du corps : ce n’est cependant pas une souffrance exclusivement morale, comme le remords, puisqu’il se plaint du froid et du chaud ; il ne souffre pas plus en hiver qu’en été : nous en avons vu passer à travers les flammes sans rien éprouver de pénible ; la température ne fait donc sur eux aucune impression. 9 La douleur qu’ils ressentent n’est donc pas une douleur physique proprement dite : c’est un vague sentiment intime dont l’Esprit lui-même ne se rend pas toujours un compte parfait, précisément parce que la douleur n’est pas localisée et qu’elle n’est pas produite par les agents extérieurs : c’est plutôt un souvenir qu’une réalité, mais un souvenir tout aussi pénible. Il y a cependant quelquefois plus qu’un souvenir, comme nous allons le voir.


10 L’expérience nous apprend qu’au moment de la mort le périsprit se dégage plus ou moins lentement du corps ; pendant les premiers instants, l’Esprit ne s’explique pas sa situation ; il ne croit pas être mort, il se sent vivre ; il voit son corps d’un côté, il sait qu’il est à lui, et il ne comprend pas qu’il en soit séparé ; cet état dure aussi longtemps qu’il existe un lien entre le corps et le périsprit. 11 Un suicidé nous disait : Non, je ne suis pas mort, et il ajoutait : et cependant je sens les vers qui me rongent. Or, assurément, les vers ne rongeaient pas le périsprit, et encore moins l’Esprit, ils ne rongeaient que le corps. Mais comme la séparation du corps et du périsprit n’était pas complète, il en résultait une sorte de répercussion morale qui lui transmettait la sensation de ce qui se passait dans le corps. Répercussion n’est peut-être pas le mot, il pourrait faire croire à un effet trop matériel ; c’est plutôt la vue de ce qui se passait dans son corps auquel le rattachait son périsprit, qui produisait en lui une illusion qu’il prenait pour une réalité. Ainsi ce n’était pas un souvenir, puisque, pendant sa vie, il n’avait pas été rongé par les vers : c’était le sentiment de l’actualité. On voit par là les déductions que l’on peut tirer des faits, lorsqu’ils sont observés attentivement.


12 Pendant la vie, le corps reçoit les impressions extérieures et les transmet à l’Esprit par l’intermédiaire du périsprit qui constitue, probablement, ce que l’on appelle fluide nerveux. 13 Le corps étant mort ne ressent plus rien, parce qu’il n’y a plus en lui ni Esprit ni périsprit. Le périsprit, dégagé du corps, éprouve la sensation ; mais comme elle ne lui arrive plus par un canal limité, elle est générale. 14 Or, comme il n’est, en réalité, qu’un agent de transmission, puisque c’est l’Esprit qui a la conscience, il en résulte que s’il pouvait exister un périsprit sans Esprit, il ne ressentirait pas plus que le corps lorsqu’il est mort ; de même que si l’Esprit n’avait point de périsprit, il serait inaccessible à toute sensation pénible ; 15 c’est ce qui a lieu pour les Esprits complètement épurés. Nous savons que plus ils s’épurent, plus l’essence du périsprit devient éthérée ; d’où il suit que l’influence matérielle diminue à mesure que l’Esprit progresse, c’est-à-dire à mesure que le périsprit lui-même devient moins grossier.


16 Mais, dira-t-on, les sensations agréables sont transmises à l’Esprit par le périsprit, comme les sensations désagréables ; or, si l’Esprit pur est inaccessible aux unes, il doit l’être également aux autres. Oui, sans doute, pour celles qui proviennent uniquement de l’influence de la matière que nous connaissons ; le son de nos instruments, le parfum de nos fleurs ne lui font aucune impression, et pourtant il y a chez lui des sensations intimes, d’un charme indéfinissable dont nous ne pouvons nous faire aucune idée, parce que nous sommes, à cet égard, comme des aveugles de naissance à l’égard de la lumière ; 17 nous savons que cela existe ; mais par quel moyen ? Là s’arrête pour nous la science. Nous savons qu’il y a perception, sensation, audition, vision ; que ces facultés sont des attributs de tout l’être, et non, comme chez l’homme, d’une partie de l’être ; mais encore une fois, par quel intermédiaire ? C’est ce que nous ne savons pas. Les Esprits eux-mêmes ne peuvent nous en rendre compte, parce que notre langue n’est pas faite pour exprimer des idées que nous n’avons pas, pas plus que dans la langue des sauvages il n’y a des termes pour exprimer nos arts, nos sciences et nos doctrines philosophiques.


18 En disant que les Esprits sont inaccessibles aux impressions de notre matière, nous voulons parler des Esprits très élevés dont l’enveloppe éthérée n’a pas d’analogue ici-bas. Il n’en est pas de même de ceux dont le périsprit est plus dense ; ceux-là perçoivent nos sons et nos odeurs, mais non pas par une partie limitée de leur individu, comme de leur vivant. 19 On pourrait dire que les vibrations moléculaires se font sentir dans tout leur être et arrivent ainsi à leur sensorium commune, qui est l’Esprit lui-même, quoique d’une manière différente, et peut-être aussi avec une impression différente, ce qui produit une modification dans la perception. Ils entendent le son de notre voix, et pourtant ils nous comprennent sans le secours de la parole, par la seule transmission de la pensée ; et ce qui vient à l’appui de ce que nous disons, c’est que cette pénétration est d’autant plus facile que l’Esprit est plus dématérialisé. 20 Quant à la vue, elle est indépendante de notre lumière. La faculté de voir est un attribut essentiel de l’âme : pour elle, il n’y a pas d’obscurité ; mais elle est plus étendue, plus pénétrante chez ceux qui sont plus épurés. 21 ’âme, ou l’Esprit, a donc en elle-même la faculté de toutes les perceptions ; dans la vie corporelle, elles sont oblitérées par la grossièreté de leurs organes ; dans la vie extra-corporelle, elles le sont de moins en moins à mesure que s’éclaircit l’enveloppe semi-matérielle.


22 Cette enveloppe, puisée dans le milieu ambiant, varie suivant la nature des mondes. En passant d’un monde à l’autre, les Esprits changent d’enveloppe comme nous changeons d’habit en passant de l’hiver à l’été, ou du pôle à l’équateur. Les Esprits les plus élevés, lorsqu’ils viennent nous visiter, revêtent donc le périsprit terrestre, et dès lors leurs perceptions s’opèrent comme chez nos Esprits vulgaires ; 23 mais tous, inférieurs comme supérieurs, n’entendent et ne sentent que ce qu’ils veulent entendre ou sentir. Sans avoir des organes sensitifs, ils peuvent rendre à volonté leurs perceptions actives ou nulles ; il n’y a qu’une chose qu’ils sont forcés d’entendre, ce sont les conseils des bons Esprits. 24 La vue est toujours active, mais ils peuvent réciproquement se rendre invisibles les uns pour les autres. Selon le rang qu’ils occupent, ils peuvent se cacher de ceux qui leur sont inférieurs, mais non de ceux qui leur sont supérieurs. 25 Dans les premiers moments qui suivent la mort, la vue de l’Esprit est toujours trouble et confuse ; elle s’éclaircit à mesure qu’il se dégage, et peut acquérir la même clarté que pendant la vie, indépendamment de sa pénétration à travers les corps qui sont opaques pour nous. Quant à son extension à travers l’espace indéfini, dans l’avenir et dans le passé, elle dépend du degré de pureté et d’élévation de l’Esprit.


26 Toute cette théorie, dira-t-on, n’est guère rassurante. Nous pensions qu’une fois débarrassés de notre grossière enveloppe, instrument de nos douleurs, nous ne souffrions plus, et voilà que vous nous apprenez que nous souffrons encore ; que ce soit d’une manière ou d’une autre, ce n’en est pas moins souffrir. Hélas ! oui, nous pouvons encore souffrir, et beaucoup, et longtemps, mais nous pouvons aussi ne plus souffrir, même dès l’instant où nous quittons cette vie corporelle.


27 Les souffrances d’ici-bas sont quelquefois indépendantes de nous, mais beaucoup sont les conséquences de notre volonté. Qu’on remonte à la source, et l’on verra que le plus grand nombre est la suite de causes que nous aurions pu éviter. 28 Que de maux, que d’infirmités, l’homme ne doit-il pas à ses excès, à son ambition, à ses passions en un mot ? L’homme qui aurait toujours vécu sobrement, qui n’aurait abusé de rien, qui aurait toujours été simple dans ses goûts, modeste dans ses désirs, s’épargnerait bien des tribulations. 29 Il en est de même de l’Esprit ; les souffrances qu’il endure sont toujours la conséquence de la manière dont il a vécu sur la terre ; il n’aura plus sans doute la goutte et les rhumatismes, mais il aura d’autres souffrances qui ne valent pas mieux. 30 Nous avons vu que ses souffrances sont le résultat des liens qui existent encore entre lui et la matière ; que plus il est dégagé de l’influence de la matière, autrement dit plus il est dématérialisé, moins il a de sensations pénibles ; or, il dépend de lui de s’affranchir de cette influence dès cette vie ; 31 il a son libre arbitre, et par conséquent le choix entre faire et ne pas faire ; qu’il dompte ses passions animales, qu’il n’ait ni haine, ni envie, ni jalousie, ni orgueil ; qu’il ne soit pas dominé par l’égoïsme ; qu’il purifie son âme par les bons sentiments ; qu’il fasse le bien ; qu’il n’attache aux choses de ce monde que l’importance qu’elles méritent, alors, même sous son enveloppe corporelle, il est déjà épuré, il est déjà dégagé de la matière, et quand il quitte cette enveloppe, il n’en subit plus l’influence ; 32 les souffrances physiques qu’il a éprouvées ne lui laissent aucun souvenir pénible ; il ne lui en reste aucune impression désagréable, parce qu’elles n’ont affecté que le corps et non l’Esprit ; il est heureux d’en être délivré, et le calme de sa conscience l’affranchit de toute souffrance morale.


33 Nous en avons interrogé des milliers, ayant appartenu à tous les rangs de la société, à toutes les positions sociales ; nous les avons étudiés à toutes les périodes de leur vie spirite, depuis l’instant où ils ont quitté leur corps ; nous les avons suivis pas à pas dans cette vie d’outre-tombe pour observer les changements qui s’opéraient en eux, dans leurs idées, dans leurs sensations, et sous ce rapport les hommes les plus vulgaires ne sont pas ceux qui nous ont fourni les sujets d’étude les moins précieux. 34 Or, nous avons toujours vu que les souffrances sont en rapport avec la conduite dont ils subissent les conséquences, et que cette nouvelle existence est la source d’un bonheur ineffable pour ceux qui ont suivi la bonne route ; d’où il suit que ceux qui souffrent, c’est qu’ils l’ont bien voulu, et qu’ils ne doivent s’en prendre qu’à eux, tout aussi bien dans l’autre monde que dans celui-ci.


Choix des épreuves.


258. A l’état errant, et avant de prendre une nouvelle existence corporelle, l’Esprit a-t-il la conscience et la prévision des choses qui lui arriveront pendant la vie ?

« Il choisit lui-même le genre d’épreuves qu’il veut subir, et c’est en cela que consiste son libre arbitre. »


a — Ce n’est donc point Dieu qui lui impose les tribulations de la vie comme châtiment ?

1 « Rien n’arrive sans la permission de Dieu, car c’est lui qui a établi toutes les lois qui régissent l’univers. Demandez donc pourquoi il a fait telle loi plutôt que telle autre. 2 En donnant à l’Esprit la liberté du choix, il lui laisse toute la responsabilité de ses actes et de leurs conséquences ; 3 rien n’entrave son avenir ; la route du bien est à lui comme celle du mal. Mais s’il succombe, il lui reste une consolation, c’est que tout n’est pas fini pour lui, et que Dieu, dans sa bonté, le laisse libre de recommencer ce qu’il a mal fait. 4 Il faut d’ailleurs distinguer ce qui est l’œuvre de la volonté de Dieu, et ce qui est celle de l’homme. Si un danger vous menace, ce n’est pas vous qui avez créé ce danger, c’est Dieu ; mais vous avez la volonté de vous y exposer, parce que vous y avez vu un moyen d’avancement, et Dieu l’a permis. »


259. Si l’Esprit a le choix du genre d’épreuve qu’il doit subir, s’ensuit-il que toutes les tribulations que nous éprouvons dans la vie ont été prévues et choisies par nous ?

1 « Toutes n’est pas le mot, car ce n’est pas à dire que vous avez choisi et prévu tout ce qui vous arrive dans le monde, jusque dans les moindres choses ; 2 vous avez choisi le genre d’épreuve, 3 les faits de détail sont la conséquence de la position, et souvent de vos propres actions. 4 Si l’Esprit a voulu naître parmi des malfaiteurs, par exemple, il savait à quels entraînements il s’exposait, mais non chacun des actes qu’il accomplirait ; ces actes sont l’effet de sa volonté ou de son libre arbitre. 5 L’Esprit sait qu’en choisissant telle route il aura tel genre de lutte à subir ; il sait donc la nature des vicissitudes qu’il rencontrera, mais il ne sait pas si ce sera plutôt tel événement que tel autre. 6 Les événements de détail naissent des circonstances et de la force des choses. 7 Il n’y a que les grands événements, ceux qui influent sur la destinée, qui sont prévus. 8 Si tu prends une route remplie d’ornières, tu sais que tu as de grandes précautions à prendre, parce que tu as chance de tomber, mais tu ne sais pas dans quel endroit tu tomberas, et il se peut que tu ne tombes pas, si tu es assez prudent. 9 Si en passant dans la rue il te tombe une tuile sur la tête, ne crois pas que c’était écrit, comme on le dit vulgairement. »


260. Comment l’Esprit peut-il vouloir naître parmi des gens de mauvaise vie ?

« Il faut bien qu’il soit envoyé dans un milieu où il puisse subir l’épreuve qu’il a demandée. Eh bien ! il faut donc qu’il y ait de l’analogie ; pour lutter contre l’instinct du brigandage, il faut qu’il se trouve avec des gens de cette sorte. »


a — S’il n’y avait pas des gens de mauvaise vie sur la terre, l’Esprit ne pourrait donc y trouver le milieu nécessaire à certaines épreuves ?

« Est-ce qu’il faudrait s’en plaindre ? C’est ce qui a lieu dans les mondes supérieurs où le mal n’a pas accès ; c’est pourquoi il n’y a que de bons Esprits. Faites qu’il en soit bientôt de même sur votre terre. »


261. L’Esprit, dans les épreuves qu’il doit subir pour arriver à la perfection, doit-il éprouver tous les genres de tentations ; doit-il passer par toutes les circonstances qui peuvent exciter en lui l’orgueil, la jalousie, l’avarice, la sensualité, etc. ?

1 « Certainement non, puisque vous savez qu’il y en a qui prennent, dès le début, une route qui les affranchit de bien des épreuves ; 2 mais celui qui se laisse entraîner dans la mauvaise route, court tous les dangers de cette route. 3 Un Esprit, par exemple, peut demander la richesse, et cela peut lui être accordé ; alors, suivant son caractère, il pourra devenir avare ou prodigue, égoïste ou généreux, ou bien il se livrera à toutes les jouissances de la sensualité ; mais ce n’est pas à dire qu’il devra passer forcément par la filière de tous ces penchants. »


262. Comment l’Esprit qui, à son origine, est simple, ignorant et sans expérience, peut-il choisir une existence en connaissance de cause, et être responsable de ce choix ?

1 « Dieu supplée à son inexpérience en lui traçant la route qu’il doit suivre, comme tu le fais pour un enfant dès le berceau ; mais il le laisse peu à peu maître de choisir à mesure que son libre arbitre se développe, 2 et c’est alors que souvent il se fourvoie en prenant le mauvais chemin s’il n’écoute pas les conseils des bons Esprits ; c’est là ce qu’on peut appeler la chute de l’homme. »


a — Lorsque l’Esprit jouit de son libre arbitre, le choix de l’existence corporelle dépend-il toujours exclusivement de sa volonté, ou bien cette existence peut-elle lui être imposée par la volonté de Dieu comme expiation ?

1 « Dieu sait attendre : il ne hâte pas l’expiation ; 2 cependant, Dieu peut imposer une existence à un Esprit, lorsque celui-ci, par son infériorité ou son mauvais vouloir, n’est pas apte à comprendre ce qui pourrait lui être le plus salutaire, et lorsqu’il voit que cette existence peut servir à sa purification et à son avancement, en même temps qu’il y trouve une expiation. »


263. L’Esprit fait-il son choix immédiatement après la mort ?

« Non, plusieurs croient à l’éternité des peines ; on vous l’a dit : c’est un châtiment. »


264. Qu’est-ce qui dirige l’Esprit dans le choix des épreuves qu’il veut subir ?

1 « Il choisit celles qui peuvent être pour lui une expiation, par la nature de ses fautes, et le faire avancer plus vite. 2 Les uns peuvent donc s’imposer une vie de misère et de privations pour essayer de la supporter avec courage ; 3 d’autres vouloir s’éprouver par les tentations de la fortune et de la puissance, bien plus dangereuses par l’abus et le mauvais usage que l’on en peut faire, et par les mauvaises passions qu’elles développent ; 4 d’autres, enfin, veulent s’éprouver par les luttes qu’ils ont à soutenir dans le contact du vice. »


265. Si certains Esprits choisissent le contact du vice comme épreuve, y en a-t-il qui le choisissent par sympathie et par le désir de vivre dans un milieu conforme à leurs goûts, ou pour pouvoir se livrer matériellement à des penchants matériels ?

« Il y en a, cela est certain, mais ce n’est que chez ceux dont le sens moral est encore peu développé ; l’épreuve vient d’elle-même et ils la subissent plus longtemps. Tôt ou tard, ils comprennent que l’assouvissement des passions brutales a pour eux des conséquences déplorables qu’ils subiront pendant un temps qui leur semblera éternel ; et Dieu pourra les laisser dans cet état, jusqu’à ce qu’ils aient compris leur faute, et qu’ils demandent eux-mêmes à la racheter par des épreuves profitables. »


266. Ne semble-t-il pas naturel de choisir les épreuves les moins pénibles ?

1 « Pour vous, oui ; pour l’Esprit, non ; lorsqu’il est dégagé de la matière, l’illusion cesse, et il pense autrement. »


2 L’homme, sur la terre, et placé sous l’influence des idées charnelles, ne voit dans ces épreuves que le côté pénible ; c’est pourquoi il lui semble naturel de choisir celles qui, à son point de vue, peuvent s’allier aux jouissances matérielles ; mais dans la vie spirituelle, il compare ces jouissances fugitives et grossières avec la félicité inaltérable qu’il entrevoit, et dès lors que lui font quelques souffrances passagères ? 3 L’Esprit peut donc choisir l’épreuve la plus rude, et par conséquent l’existence la plus pénible dans l’espoir d’arriver plus vite à un état meilleur, comme le malade choisit souvent le remède le plus désagréable pour se guérir plus tôt. Celui qui veut attacher son nom à la découverte d’un pays inconnu ne choisit pas une route fleurie ; il sait les dangers qu’il court, mais il sait aussi la gloire qui l’attend s’il réussit.

4 La doctrine de la liberté dans le choix de nos existences et des épreuves que nous devons subir cesse de paraître extraordinaire si l’on considère que les Esprits, dégagés de la matière, apprécient les choses d’une manière différente que nous ne le faisons nous-mêmes. Ils aperçoivent le but, bien autrement sérieux pour eux que les jouissances fugitives du monde ; après chaque existence, ils voient le pas qu’ils ont fait, et comprennent ce qui leur manque encore en pureté pour l’atteindre : 5 voilà pourquoi ils se soumettent volontairement à toutes les vicissitudes de la vie corporelle en demandant eux-mêmes celles qui peuvent les faire arriver le plus promptement. C’est donc à tort que l’on s’étonne de ne pas voir l’Esprit donner la préférence à l’existence la plus douce. Cette vie exempte d’amertume, il ne peut en jouir dans son état d’imperfection ; il l’entrevoit, et c’est pour y arriver qu’il cherche à s’améliorer.

6 N’avons-nous pas, d’ailleurs, tous les jours sous les yeux l’exemple de choix pareils ? L’homme qui travaille une partie de sa vie sans trêve ni relâche pour amasser de quoi se procurer le bien-être, qu’est-ce que c’est, sinon une tâche qu’il s’impose en vue d’un avenir meilleur ? Le militaire qui s’offre pour une mission périlleuse, le voyageur qui brave les dangers non moins grands dans l’intérêt de la science ou de sa fortune, qu’est-ce que c’est encore, sinon des épreuves volontaires qui doivent leur procurer honneur et profit s’ils en reviennent ? 7 A quoi l’homme ne se soumet-il pas et ne s’expose-t-il pas pour son intérêt ou pour sa gloire ? Tous les concours ne sont-ils pas aussi des épreuves volontaires auxquelles on se soumet en vue de s’élever dans la carrière que l’on a choisie ? On n’arrive à une position sociale transcendante quelconque dans les sciences, les arts, l’industrie, qu’en passant par la filière des positions inférieures qui sont autant d’épreuves. 8 La vie humaine est ainsi le calque de la vie spirituelle ; nous y retrouvons en petit toutes les mêmes péripéties. Si donc, dans la vie, nous choisissons souvent les épreuves les plus rudes en vue d’un but plus élevé, pourquoi l’Esprit qui voit plus loin que le corps, et pour qui la vie du corps n’est qu’un incident fugitif, ne ferait-il pas choix d’une existence pénible et laborieuse, si elle doit le conduire à une éternelle félicité ? 9 Ceux qui disent que, si l’homme a le choix de son existence, ils demanderont à être princes ou millionnaires, sont comme les myopes qui ne voient que ce qu’ils touchent, ou comme ces enfants gourmands à qui l’on demande l’état qu’ils préfèrent, et qui répondent : pâtissier ou confiseur.

10 Tel est le voyageur qui, dans le fond de la vallée obscurcie par le brouillard, ne voit ni la longueur ni les points extrêmes de sa route ; arrivé au faîte de la montagne, il embrasse le chemin qu’il a parcouru, et ce qui lui reste à parcourir ; il voit son but, les obstacles qu’il a encore à franchir, et peut alors combiner plus sûrement les moyens d’arriver. 11 L’Esprit incarné est comme le voyageur au bas de la montagne ; débarrassé des liens terrestres, il domine comme celui qui est au sommet. Pour le voyageur, le but est le repos après la fatigue ; pour l’Esprit, c’est le bonheur suprême après les tribulations et les épreuves.

12 Tous les Esprits disent qu’à l’état errant ils cherchent, étudient, observent pour faire leur choix. N’avons-nous pas un exemple de ce fait dans la vie corporelle ? Ne cherchons-nous pas souvent pendant des années la carrière sur laquelle nous fixons librement notre choix, parce que nous la croyons la plus propre à nous faire faire notre chemin ? Si nous échouons dans l’une, nous en cherchons une autre. Chaque carrière que nous embrassons est une phase, une période de la vie. Chaque jour n’est-il pas employé à chercher ce que nous ferons le lendemain ? Or, que sont les différentes existences corporelles pour l’Esprit, sinon des phases, des périodes, des jours pour sa vie spirite, qui est, comme nous le savons, sa vie normale, la vie corporelle n’étant que transitoire et passagère ?


267. L’Esprit pourrait-il faire son choix pendant l’état corporel ?

« Son désir peut avoir de l’influence ; cela dépend de l’intention ; mais quand il est Esprit il voit souvent les choses bien différemment. Ce n’est que l’Esprit qui fait ce choix ; mais encore une fois il peut le faire dans cette vie matérielle, car l’Esprit a toujours de ces moments où il est indépendant de la matière qu’il habite. »


a — Beaucoup de gens désirent les grandeurs et les richesses, et ce n’est assurément ni comme expiation, ni comme épreuve ?

« Sans doute, c’est la matière qui désire cette grandeur pour en jouir, et c’est l’Esprit qui la désire pour en connaître les vicissitudes. »


268. Jusqu’à ce qu’il arrive à l’état de pureté parfaite, l’Esprit a-t-il constamment des épreuves à subir ?

1 « Oui, mais elles ne sont pas telles que vous l’entendez ; vous appelez épreuves les tribulations matérielles ; 2 or, l’Esprit, arrivé à un certain degré, sans être parfait, n’en a plus à subir ; 3 mais il a toujours des devoirs qui l’aident à se perfectionner, et n’ont rien de pénible pour lui, ne fût-ce que d’aider aux autres à se perfectionner eux-mêmes. »


269. L’Esprit peut-il se tromper sur l’efficacité de l’épreuve qu’il choisit ?

1 « Il peut en choisir une qui soit au-dessus de ses forces, et alors il succombe ; 2 il peut aussi en choisir une qui ne lui profite nullement, comme s’il cherche un genre de vie oisive et inutile ; mais alors, une fois rentré dans le monde des Esprits, il s’aperçoit qu’il n’a rien gagné et il demande à réparer le temps perdu. »


270. A quoi tiennent les vocations de certaines personnes, et leur volonté de suivre une carrière plutôt qu’une autre ?

« Il me semble que vous pouvez répondre vous-mêmes à cette question. N’est-ce pas la conséquence de tout ce que nous avons dit sur le choix des épreuves et sur le progrès accompli dans une existence antérieure ? »


271. Dans l’état errant, l’Esprit étudiant les diverses conditions dans lesquelles il pourra progresser, comment pense-t-il pouvoir le faire en naissant, par exemple, parmi les peuples cannibales ?

1 « Ce ne sont pas les Esprits déjà avancés qui naissent parmi les cannibales, mais des Esprits de la nature de ceux des cannibales ou qui leur sont inférieurs. »


2 Nous savons que nos anthropophages ne sont pas au dernier degré de l’échelle, et qu’il y a des mondes où l’abrutissement et la férocité n’ont pas d’analogue sur la terre. Ces Esprits sont donc encore inférieurs aux plus inférieurs de notre monde, et venir parmi nos sauvages, c’est pour eux un progrès, comme ce serait un progrès pour nos anthropophages d’exercer parmi nous une profession qui les obligerait à verser le sang. 3 S’ils ne visent pas plus haut, c’est que leur infériorité morale ne leur permet pas de comprendre un progrès plus complet. L’Esprit ne peut avancer que graduellement ; il ne peut franchir d’un bond la distance qui sépare la barbarie de la civilisation, et c’est en cela que nous voyons une des nécessités de la réincarnation, qui est bien véritablement selon la justice de Dieu ; autrement, que deviendraient ces millions d’êtres qui meurent chaque jour dans le dernier état de dégradation, s’ils n’avaient les moyens d’atteindre à la supériorité ? Pourquoi Dieu les aurait-il déshérités des faveurs accordées aux autres hommes ?


272. Des Esprits venant d’un monde inférieur à la terre, ou d’un peuple très arriéré, comme les cannibales, par exemple, pourraient-ils naître parmi nos peuples civilisés ?

1 « Oui, il y en a qui se fourvoient en voulant monter trop haut ; mais alors ils sont déplacés parmi vous, parce qu’ils ont des mœurs et des instincts qui jurent avec les vôtres. »


2 Ces êtres nous donnent le triste spectacle de la férocité au milieu de la civilisation ; en retournant parmi les cannibales, ce ne sera pas une déchéance, ils ne feront que reprendre leur place et ils y gagneront peut-être encore.


273. Un homme appartenant à une race civilisée pourrait-il, par expiation, être réincarné dans une race sauvage ?

1 « Oui, mais cela dépend du genre d’expiation ; un maître qui aura été dur pour ses esclaves pourra devenir esclave à son tour et subir les mauvais traitements qu’il aura fait endurer. Celui qui a commandé à une époque peut, dans une nouvelle existence, obéir à ceux-là mêmes qui se courbaient sous sa volonté. C’est une expiation s’il a abusé de son pouvoir, et Dieu peut la lui imposer. 2 Un bon Esprit peut aussi, pour les faire avancer, choisir une existence influente parmi ces peuples, et alors c’est une mission. »


Relations d’outre-tombe.


274. Les différents ordres d’Esprits établissent-ils entre ceux-ci une hiérarchie de pouvoirs ; y a-t-il parmi eux subordination et autorité ?

« Oui, très grande ; les Esprits ont les uns sur les autres une autorité relative à leur supériorité, et qu’ils exercent par un ascendant moral irrésistible. »


a — Les Esprits inférieurs peuvent-ils se soustraire à l’autorité de ceux qui leur sont supérieurs ?

« J’ai dit : irrésistible. »


275. La puissance et la considération dont un homme a joui sur la terre lui donnent-elles une suprématie dans le monde des Esprits ?

« Non ; car les petits seront élevés et les grands abaissés. Lis les psaumes. » ( † )


a — Comment devons-nous entendre cette élévation et cet abaissement ?

« Ne sais-tu pas que les Esprits sont de différents ordres selon leur mérite ? Eh bien ! le plus grand de la terre peut être au dernier rang parmi les Esprits, tandis que son serviteur sera au premier. Comprends-tu cela ? Jésus n’a-t-il pas dit : Quiconque s’abaisse sera élevé, et quiconque s’élève sera abaissé ? »


276. Celui qui a été grand sur la terre et qui se trouve inférieur parmi les Esprits, en éprouve-t-il de l’humiliation ?

« Souvent une bien grande, surtout s’il était orgueilleux et jaloux. »


277. Le soldat qui, après la bataille, retrouve son général dans le monde des Esprits, le reconnaît-il encore pour son supérieur ?

« Le titre n’est rien, la supériorité réelle est tout. »


278. Les Esprits des différents ordres sont-ils confondus ?

1 « Oui et non ; c’est-à-dire qu’ils se voient, mais ils se distinguent les uns des autres. 2 Ils se fuient ou se rapprochent, selon l’analogie ou l’antipathie de leurs sentiments, comme cela a lieu parmi vous. 3 C’est tout un monde dont le vôtre est le reflet obscurci. 4 Ceux du même rang se réunissent par une sorte d’affinité et forment des groupes ou familles d’Esprits unis par la sympathie et le but qu’ils se proposent : les bons par le désir de faire le bien, les mauvais par le désir de faire le mal, la honte de leurs fautes et le besoin de se trouver parmi des êtres semblables à eux. »


5 Telle une grande cité où les hommes de tous rangs et de toutes conditions se voient et se rencontrent sans se confondre ; où les sociétés se forment par l’analogie des goûts ; où le vice et la vertu se coudoient sans se rien dire.


279. Tous les Esprits ont-ils réciproquement accès les uns parmi les autres ?

1 « Les bons vont partout, et il faut qu’il en soit ainsi pour qu’ils puissent exercer leur influence sur les mauvais ; 2 mais les régions habitées par les bons sont interdites aux Esprits imparfaits, afin que ceux-ci ne puissent y apporter le trouble des mauvaises passions. »


280. Quelle est la nature des relations entre les bons et les mauvais Esprits ?

« Les bons tâchent de combattre les mauvais penchants des autres afin de les aider à monter ; c’est une mission. »


281. Pourquoi les Esprits inférieurs se plaisent-ils à nous porter au mal ?

1 « Par jalousie de n’avoir pas mérité d’être parmi les bons. 2 Leur désir est d’empêcher autant qu’il est en eux les Esprits encore inexpérimentés d’arriver au bien suprême ; 3 ils veulent faire éprouver aux autres ce qu’ils éprouvent eux-mêmes. Ne voyez-vous pas aussi cela parmi vous ? »


282. Comment les Esprits se communiquent-ils entre eux ?

1 « Ils se voient et se comprennent ; 2 la parole est matérielle : c’est le reflet de l’Esprit. 3 Le fluide universel établit entre eux une communication constante ; c’est le véhicule de la transmission de la pensée, comme pour vous l’air est le véhicule du son ; 4 une sorte de télégraphe universel qui relie tous les mondes, et permet aux Esprits de correspondre d’un monde à l’autre. »


283. Les Esprits peuvent-ils se dissimuler réciproquement leurs pensées ; peuvent-ils se cacher les uns des autres ?

1 « Non, pour eux tout est à découvert, surtout lorsqu’ils sont parfaits. 2 Ils peuvent s’éloigner, mais ils se voient toujours. Ceci n’est point cependant une règle absolue, car certains Esprits peuvent très bien se rendre invisibles pour d’autres Esprits, s’ils jugent utile de le faire. »


284. Comment les Esprits, qui n’ont plus de corps, peuvent-ils constater leur individualité et se distinguer des autres êtres spirituels qui les entourent ?

« Ils constatent leur individualité par le périsprit qui en fait des êtres distincts les uns pour les autres, comme le corps parmi les hommes. »


285. Les Esprits se reconnaissent-ils pour avoir cohabité la terre ? Le fils reconnaît-il son père, l’ami son ami ?

« Oui, et ainsi de génération en génération. »

a — Comment les hommes qui se sont connus sur terre se reconnaissent-ils dans le monde des Esprits ?

« Nous voyons notre vie passée et nous y lisons comme dans un livre ; en voyant le passé de nos amis et de nos ennemis nous voyons leur passage de la vie à la mort. »


286. L’âme, en quittant sa dépouille mortelle, voit-elle immédiatement ses parents et ses amis qui l’ont précédée dans le monde des Esprits ?

« Immédiatement n’est pas toujours le mot ; car, comme nous l’avons dit, il lui faut quelque temps pour se reconnaître et secouer le voile matériel. »


287. Comment l’âme est-elle accueillie à son retour dans le monde des Esprits ?

« Celle du juste, comme un frère bien-aimé attendu depuis longtemps ; celle du méchant, comme un être que l’on méprise. »


288. Quel sentiment éprouvent les Esprits impurs à la vue d’un autre mauvais Esprit qui leur arrive ?

« Les méchants sont satisfaits de voir des êtres à leur image et privés, comme eux, du bonheur infini, comme l’est, sur la terre, un fripon parmi ses pareils. »


289. Nos parents et nos amis viennent-ils quelquefois à notre rencontre quand nous quittons la terre ?

1 « Oui, ils viennent au-devant de l’âme qu’ils affectionnent ; ils la félicitent comme au retour d’un voyage, si elle a échappé aux dangers de la route, et l’aident à se dégager des liens corporels. 2 C’est une faveur pour les bons Esprits quand ceux qui les ont affectionnés viennent à leur rencontre, tandis que celui qui est souillé reste dans l’isolement, ou n’est entouré que d’Esprits semblables à lui : c’est une punition. »


290. Les parents et les amis sont-ils toujours réunis après leur mort ?

1 « Cela dépend de leur élévation et de la route qu’ils suivent pour leur avancement. 2 Si l’un d’eux est plus avancé et marche plus vite que l’autre, ils ne pourront rester ensemble ; ils pourront se voir quelquefois, mais ils ne seront pour toujours réunis que quand ils pourront marcher de front, ou quand ils auront atteint l’égalité dans la perfection. 3 Et puis, la privation de la vue de ses parents et de ses amis est quelquefois une punition. »


Rapports sympathiques et antipathiques des Esprits. Moitiés éternelles.


291. Outre la sympathie générale de similitude, les Esprits ont-ils entre eux des affections particulières ?

« Oui, comme les hommes ; mais le lien qui unit les Esprits est plus fort quand le corps est absent, parce qu’il n’est plus exposé aux vicissitudes des passions. »


292. Les Esprits ont-ils entre eux des haines ?

« Il n’y a de haines que parmi les Esprits impurs, et ce sont ceux qui soufflent parmi vous les inimitiés et les dissensions. »


293. Deux êtres qui auront été ennemis sur terre conserveront-ils du ressentiment l’un contre l’autre dans le monde des Esprits ?

1 « Non, ils comprendront que leur haine était stupide et le sujet puéril. 2 Les Esprits imparfaits conservent seuls une sorte d’animosité jusqu’à ce qu’ils se soient épurés. 3 Si ce n’est qu’un intérêt matériel qui les a divisés, ils n’y songeront plus, pour peu qu’ils soient dématérialisés. S’il n’y a pas antipathie entre eux, le sujet de discussion n’existant plus, ils peuvent se revoir avec plaisir. »


4 Tels deux écoliers parvenus à l’âge de raison, reconnaissent la puérilité des querelles qu’ils ont eues dans leur enfance et cessent de s’en vouloir.


294. Le souvenir des mauvaises actions que deux hommes ont pu commettre à l’égard l’un de l’autre est-il un obstacle à leur sympathie ?

« Oui, il les porte à s’éloigner. »


295. Quel sentiment éprouvent après la mort ceux à qui nous avons fait du mal ici-bas ?

1 « S’ils sont bons, ils pardonnent selon votre repentir. 2 S’ils sont mauvais, ils peuvent en conserver du ressentiment, et quelquefois vous poursuivre jusque dans une autre existence. Dieu peut le permettre comme châtiment. »


296. Les affections individuelles des Esprits sont elles susceptibles d’altération ?

« Non, car ils ne peuvent se tromper ; ils n’ont plus le masque sous lequel se cachent les hypocrites ; c’est pourquoi leurs affections sont inaltérables quand ils sont purs. L’amour qui les unit est pour eux la source d’une suprême félicité. »


297. L’affection que deux êtres se sont portée sur la terre se continue-t-elle toujours dans le monde des Esprits ?

1 « Oui, sans doute, si elle est fondée sur une sympathie véritable ; 2 mais si les causes physiques y ont plus de part que la sympathie, elle cesse avec la cause. 3 Les affections parmi les Esprits sont plus solides et plus durables que sur la terre, parce qu’elles ne sont point subordonnées au caprice des intérêts matériels et de l’amour-propre. »


298. Les âmes qui doivent s’unir sont-elles prédestinées à cette union dès leur origine, et chacun de nous a-t-il quelque part dans l’univers sa moitié à laquelle il sera un jour fatalement réuni ?

1 « Non ; il n’existe pas d’union particulière et fatale entre deux âmes. 2 L’union existe entre tous les Esprits, mais à des degrés différents selon le rang qu’ils occupent, c’est-à-dire selon la perfection qu’ils ont acquise : plus ils sont parfaits, plus ils sont unis. 3 De la discorde naissent tous les maux des humains ; de la concorde résulte le bonheur complet. »


299. Dans quel sens doit-on entendre le mot moitié dont certains Esprits se servent pour désigner les Esprits sympathiques ?

« L’expression est inexacte ; si un Esprit était la moitié d’un autre, séparé de celui-ci, il serait incomplet. »


300. Deux Esprits parfaitement sympathiques, une fois réunis, le sont-ils pour l’éternité, ou bien peuvent-ils se séparer et s’unir à d’autres Esprits ?

1 « Tous les Esprits sont unis entre eux ; je parle de ceux arrivés à la perfection. 2 Dans les sphères inférieures, lorsqu’un Esprit s’élève, il n’a plus la même sympathie pour ceux qu’il a quittés. »


301. Deux Esprits sympathiques sont-ils le complément l’un de l’autre, ou bien cette sympathie est-elle le résultat d’une identité parfaite ?

« La sympathie qui attire un Esprit vers un autre est le résultat de la parfaite concordance de leurs penchants, de leurs instincts ; si l’un devait compléter l’autre, il perdrait son individualité. »


302. L’identité nécessaire pour la sympathie parfaite ne consiste-t-elle que dans la similitude de pensées et de sentiments, ou bien encore dans l’uniformité des connaissances acquises ?

« Dans l’égalité des degrés d’élévation. »


303. Les Esprits qui ne sont pas sympathiques aujourd’hui, peuvent-ils le devenir plus tard ?

1 « Oui, tous le seront. 2 Ainsi l’Esprit qui est aujourd’hui dans telle sphère inférieure, en se perfectionnant parviendra dans la sphère ou réside tel autre. Leur rencontre aura lieu plus promptement, si l’Esprit plus élevé, supportant mal les épreuves auxquelles il s’est soumis, est demeuré dans le même état. »


a — Deux Esprits sympathiques peuvent-ils cesser de l’être ?

1 « Certes, si l’un est paresseux. »


2 La théorie des moitiés éternelles est une figure qui peint l’union de deux Esprits sympathiques ; c’est une expression usitée même dans le langage vulgaire et qu’il ne faut point prendre à la lettre ; 3 les Esprits qui s’en sont servis n’appartiennent assurément point à l’ordre le plus élevé ; la sphère de leurs idées est nécessairement bornée, et ils ont pu rendre leurs pensées par les termes dont ils se seraient servis pendant leur vie corporelle. 4 Il faut donc rejeter cette idée que deux Esprits créés l’un pour l’autre doivent un jour fatalement se réunir dans l’éternité, après avoir été séparés pendant un laps de temps plus ou moins long.


Souvenir de l’existence corporelle.


304. L’Esprit se souvient-il de son existence corporelle ?

1 « Oui, c’est-à-dire qu’ayant vécu plusieurs fois comme homme, il se rappelle ce qu’il a été, et je t’assure que, parfois, il rit de pitié de lui-même. »


2 Comme l’homme qui a atteint l’âge de raison rit des folies de sa jeunesse ou des puérilités de son enfance.


305. Le souvenir de l’existence corporelle se présente-t-il à l’Esprit d’une manière complète et inopinée après la mort ?

« Non, il lui revient peu à peu, comme quelque chose qui sort du brouillard, et à mesure qu’il y fixe son attention. »


306. L’Esprit se souvient-il, en détail, de tous les événements de sa vie ; en embrasse-t-il l’ensemble d’un coup d’œil rétrospectif ?

1 « Il se souvient des choses en raison des conséquences qu’elles ont sur son état d’Esprit ; 2 mais tu conçois qu’il y a des circonstances de sa vie auxquelles il n’attache aucune importance, et dont il ne cherche même pas à se souvenir. »


a — Pourrait-il s’en souvenir s’il le voulait ?

1 « Il peut se souvenir des détails et des incidents les plus minutieux, soit des événements, soit même de ses pensées ; 2 mais quand c’est sans utilité il ne le fait pas. »


b — Entrevoit-il le but de la vie terrestre par rapport à la vie future ?

1 « Assurément il le voit et le comprend bien mieux que du vivant de son corps ; 2 il comprend le besoin d’épuration pour arriver à l’infini, et il sait qu’à chaque existence il laisse quelques impuretés. »


307. Comment la vie passée se retrace-t-elle à la mémoire de l’Esprit ? Est-ce par un effort de son imagination ou comme un tableau qu’il a devant les yeux ?

1 « L’un et l’autre ; 2 tous les actes dont il a intérêt à se souvenir sont pour lui comme s’ils étaient présents ; les autres sont plus ou moins dans le vague de la pensée, ou tout à fait oubliés. 3 Plus il est dématérialisé, moins il attache d’importance aux choses matérielles. 4 Tu fais souvent l’évocation d’un Esprit errant qui vient de quitter la terre et qui ne se rappelle pas les noms des personnes qu’il aimait, ni bien des détails qui, pour toi, paraissent importants ; 5 il s’en soucie peu et cela tombe dans l’oubli. Ce dont il se rappelle très bien, ce sont les faits principaux qui l’aident à s’améliorer. »


308. L’Esprit se souvient-il de toutes les existences qui ont précédé la dernière qu’il vient de quitter ?

1 « Tout son passé se déroule devant lui, comme les étapes qu’a parcourues le voyageur ; 2 mais, nous l’avons dit, il ne se souvient pas d’une manière absolue de tous les actes ; il s’en souvient en raison de l’influence qu’ils ont sur son état présent. 3 Quant aux premières existences, celles qu’on peut regarder comme l’enfance de l’Esprit, elles se perdent dans le vague et disparaissent dans la nuit de l’oubli. »


309. Comment l’Esprit considère-t-il le corps qu’il vient de quitter ?

« Comme un mauvais habit qui le gênait et dont il est heureux d’être débarrassé. »


a — Quel sentiment lui fait éprouver la vue de son corps en décomposition ?

« Presque toujours de l’indifférence, comme pour une chose à laquelle il ne tient plus. »


310. Au bout d’un certain laps de temps, l’Esprit reconnaît-il des ossements ou autres objets comme lui ayant appartenu ?

« Quelquefois ; cela dépend du point de vue plus ou moins élevé sous lequel il considère les choses terrestres. »


311. Le respect que l’on a pour les choses matérielles qui restent de l’Esprit attire-t-il son attention sur ces mêmes objets, et voit-il ce respect avec plaisir ?

1 « L’Esprit est toujours heureux du souvenir qu’on a de lui ; les choses que l’on conserve de lui le rappellent à la mémoire, 2 mais c’est la pensée qui l’attire vers vous, et non ces objets. »


312. Les Esprits conservent-ils le souvenir des souffrances qu’ils ont endurées pendant leur dernière existence corporelle ?

« Souvent ils le conservent, et ce souvenir leur fait mieux sentir le prix de la félicité dont ils peuvent jouir comme Esprits. »


313. L’homme qui a été heureux ici-bas regrette-t-il ses jouissances quand il a quitté la terre ?

1 « Les Esprits inférieurs seuls peuvent regretter des joies qui sympathisent avec l’impureté de leur nature et qu’ils expient par leurs souffrances. 2 Pour les Esprits élevés, le bonheur éternel est mille fois préférable aux plaisirs éphémères de la terre. »


3 Tel l’homme adulte qui méprise ce qui faisait les délices de son enfance.


314. Celui qui a commencé de grands travaux dans un but utile, et qu’il voit interrompus par la mort, regrette-t-il, dans l’autre monde, de les avoir laissés inachevés ?

1 « Non, parce qu’il voit que d’autres sont destinés à les terminer. 2 Au contraire, il tâche d’influencer d’autres Esprits humains à les continuer. 3 Son but, sur la terre, était le bien de l’humanité ; ce but est le même dans le monde des Esprits. »


315. Celui qui a laissé des travaux d’art ou de littérature conserve-t-il pour ses œuvres l’amour qu’il avait de son vivant ?

« Selon son élévation, il les juge à un autre point de vue, et souvent il blâme ce qu’il admirait le plus. »


316. L’Esprit s’intéresse-t-il encore aux travaux qui se font sur la terre, au progrès des arts et des sciences ?

1 « Cela dépend de son élévation ou de la mission qu’il peut avoir à remplir. 2 Ce qui vous paraît magnifique est souvent bien peu de choses pour certains Esprits ; ils l’admirent, comme le savant admire l’ouvrage d’un écolier. 3 Il examine ce qui peut prouver l’élévation des Esprits incarnés et leurs progrès. »


317. Les Esprits, après la mort, conservent-ils l’amour de la patrie ?

1 « C’est toujours le même principe : pour les Esprits élevés la patrie c’est l’univers ; sur la terre, elle est où ils ont le plus de personnes sympathiques. »


2 La situation des Esprits et leur manière de voir les choses varient à l’infini en raison du degré de leur développement moral et intellectuel. 3 Les Esprits d’un ordre élevé ne font généralement sur la terre que des séjours de courte durée ; tout ce qui s’y fait est si mesquin en comparaison des grandeurs de l’infini, les choses auxquelles les hommes attachent le plus d’importance sont si puériles à leurs yeux, qu’ils y trouvent peu d’attraits, à moins qu’ils n’y soient appelés en vue de concourir au progrès de l’humanité. 4 Les Esprits d’un ordre moyen y séjournent plus fréquemment, quoiqu’ils considèrent les choses d’un point de vue plus élevé que de leur vivant. 5 Les Esprits vulgaires y sont en quelque sorte sédentaires, et constituent la masse de la population ambiante du monde invisible ; ils ont conservé à peu de chose près les mêmes idées, les mêmes goûts et les mêmes penchants qu’ils avaient sous leur enveloppe corporelle ; ils se mêlent à nos réunions, à nos affaires, à nos amusements, auxquels ils prennent une part plus ou moins active, selon leur caractère. 6 Ne pouvant satisfaire leurs passions, ils jouissent de ceux qui s’y abandonnent et les y excitent. Dans le nombre, il en est de plus sérieux qui voient et observent pour s’instruire et se perfectionner.


318. Les idées des Esprits se modifient-elles dans l’état d’esprit ?

1 « Beaucoup ; elles subissent de très grandes modifications à mesure que l’Esprit se dématérialise ; 2 il peut quelquefois rester longtemps dans les mêmes idées, mais peu à peu l’influence de la matière diminue, et il voit les choses plus clairement ; c’est alors qu’il cherche les moyens de s’améliorer. »


319. Puisque l’Esprit a déjà vécu de la vie spirite avant son incarnation, d’où vient son étonnement en rentrant dans le monde des Esprits ?

1 « Ce n’est que l’effet du premier moment et du trouble qui suit le réveil ; 2 plus tard il se reconnaît parfaitement à mesure que le souvenir du passé lui revient, et que s’efface l’impression de la vie terrestre. » (163 et suiv.)


Commémoration des morts. Funérailles.


320. Les Esprits sont-ils sensibles au souvenir de ceux qu’ils ont aimés sur la terre ?

1 « Beaucoup plus que vous ne pouvez le croire ; 2 ce souvenir ajoute à leur bonheur s’ils sont heureux ; 3 et s’ils sont malheureux, il est pour eux un adoucissement. »


321. Le jour de la commémoration des morts a-t-il quelque chose de plus solennel pour les Esprits ? Se préparent-ils à venir visiter ceux qui doivent aller prier sur leurs dépouilles ?

« Les Esprits viennent à l’appel de la pensée ce jour-là comme les autres jours. »


a — Ce jour est-il pour eux un rendez-vous auprès de leurs sépultures ?

1 « Ils y sont plus nombreux ce jour-là, parce qu’il y a plus de personnes qui les appellent ; 2 mais chacun d’eux n’y vient que pour ses amis, et non pour la foule des indifférents. »


b — Sous quelle forme y viennent-ils et comment les verrait-on s’ils pouvaient se rendre visibles ?

« Celle sous laquelle on les a connus de leur vivant. »


322. Les Esprits oubliés et dont personne ne va visiter les tombes y viennent-ils malgré cela, et éprouvent-ils un regret de ne voir aucun ami se rappeler à leur mémoire ?

1 « Que leur fait la terre ? On n’y tient que par le cœur. 2 Si l’amour n’y est pas, il n’y a plus rien qui y rattache l’Esprit : il a tout l’univers à lui. »


323. La visite au tombeau procure-t-elle plus de satisfaction à l’Esprit qu’une prière faite chez soi ?

1 « La visite au tombeau est une manière de manifester qu’on pense à l’Esprit absent : c’est l’image. 2 Je vous l’ai dit, c’est la prière qui sanctifie l’acte du souvenir ; peu importe le lieu, si elle est dite par le cœur. »


324. Les Esprits des personnes auxquelles on élève des statues ou des monuments assistent-ils à ces sortes d’inauguration, et les voient-ils avec plaisir ?

« Beaucoup y viennent lorsqu’ils le peuvent, mais ils sont moins sensibles à l’honneur qu’on leur fait qu’au souvenir. »


325. D’où peut venir à certaines personnes le désir d’être enterrées dans un endroit plutôt que dans un autre ? Y reviennent-elles plus volontiers après leur mort ; et cette importance attachée à une chose matérielle est-elle un signe d’infériorité chez l’Esprit ?

1 « Affection de l’Esprit pour certains lieux ; infériorité morale. 2 Que fait un coin de terre plutôt qu’un autre pour l’Esprit élevé ? Ne sait-il pas que son âme sera réunie à ceux qu’il aime, quand même leurs os sont séparés ?


a — La réunion des dépouilles mortelles de tous les membres d’une même famille doit-elle être considérée comme une chose futile ?

1 « Non ; c’est un pieux usage et un témoignage de sympathie pour ceux que l’on a aimés ; 2 si cette réunion importe peu aux Esprits, elle est utile aux hommes : les souvenirs sont plus recueillis. »


326. L’âme, rentrant dans la vie spirituelle, est-elle sensible aux honneurs rendus à sa dépouille mortelle ?

1 « Quand l’Esprit est arrivé déjà à un certain degré de perfection, il n’a plus de vanité terrestre et comprend la futilité de toutes ces choses ; 2 mais sache bien souvent il y a des Esprits qui, au premier moment de leur mort matérielle, goûtent un grand plaisir des honneurs qu’on leur rend, ou un ennui du délaissement de leur enveloppe ; car ils conservent encore quelques-uns des préjugés d’ici-bas. »


327. L’Esprit assiste-t-il à son convoi ?

« Très souvent il y assiste, mais quelquefois il ne se rend pas compte de ce qui s’y passe, s’il est encore dans le trouble. »


a — Est-il flatté du concours des assistants à son convoi ?

« Plus ou moins selon le sentiment qui les amène. »


328. L’Esprit de celui qui vient de mourir assiste-t-il aux réunions de ses héritiers ?

1 « Presque toujours ; Dieu le veut pour sa propre instruction et le châtiment des coupables ; 2 c’est là qu’il juge ce que valaient leurs protestations ; pour lui tous les sentiments sont à découvert, et la déception qu’il éprouve en voyant la rapacité de ceux qui se partagent ses dépouilles l’éclaire sur leurs sentiments ; 3 mais leur tour viendra. »


329. Le respect instinctif que l’homme, dans tous les temps et chez tous les peuples, témoigne pour les morts est-il un effet de l’intuition qu’il a de l’existence future ?

« C’en est la conséquence naturelle ; sans cela ce respect serait sans objet. »



Il y a deux images de ce chapitre dans le service Google - Recherche de livres (Deuxième édition - 1860) et (Quatorzième édition - 1866.)


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